L'astrologie et la raison


kepler1Pour l’astrologue ou pour la personne qui vient le consulter, la question de croire ou de ne pas croire à l’astrologie ne se pose pas, car l’astrologie n’est pas un acte de foi :  elle est validée par l’expérience que chacun peut en faire s’il le souhaite, une expérience que viennent confirmer deux millénaires de pratique.

L’astrologie est une science qui met en œuvre deux modes opératoires simultanés : la pensée logique et la pensée analogique. Ce qui irrite le plus ses adversaires, c’est que l’astrologie remet en cause la suprématie de la raison sur les autres facultés de l’esprit. En effet, l’esprit cartésien érige le doute systématique en méthode de réflexion et soumet toute pensée au crible exclusif de la raison. De ce fait, il ne peut admettre l’existence d’un phénomène qui échappe (encore) à toute explication scientifique, c’est pourquoi elle le nie purement et simplement.

Certes, le phénomène qui fonde l’astrologie, c’est-à-dire les correspondances entre l’homme et le ciel, reste totalement inexpliqué. De plus, comme l’astrologie procède d’une démarche essentiellement qualitative, elle se plie difficilement à la statistique dans la mesure où celle-ci ne rend compte que de faits quantifiables. C’est aussi pour cette raison que l’astrologie est tant décriée dans les milieux scientifiques. Pourtant, l’étude et la pratique de l’astrologie nécessitent une part importante de calcul, de raisonnement, de logique et de méthode dans l’interprétatioon des figures célestes, qu’il s’agisse du thème astral de naissance ou des autres méthodes d’investigation que nous ont léguées la Tradition.

Parmi les scientifiques venus à l’astrologie pour mieux la combattre, beaucoup ont été convaincus de sa réalité. Kepler n’a-t-il pas écrit : « Vingt années d’études pratiques ont convaincu mon esprit rebelle de la réalité de l’astrologie » ?  Depuis l’époque où elle a été codifiée, l’astrologie ne cherche ni à démontrer, ni à convaincre. Il suffit d’en étudier les principes et de les mettre en œuvre avec sincérité pour que se produise ce phénomène extraordinaire : au delà du voile de la réalité observable apparaît une autre réalité qui se superpose à la première et en explique les mécanismes intimes.

L'astrologie est-elle une science ?


morinOui, l’astrologie est une science…

Et même plus : « elle est à la fois un art, une science et une sagesse » écrivait le philosophe Raymond Abellio. Elle a été enseignée en tant que telle dans les principales universités françaises et européennes jusqu’au milieu du XVIIe siècle. On parlait alors d’astrologie « naturelle ».

En France, le dernier astrologue officiel se nommait Jean-Baptiste Morin, dit de Villefranche. Il était médecin du roi Louis XIII et professeur de mathématiques au Collège Royal (le Collège de France d’aujourd’hui). C’était un conseiller très écouté du Cardinal de Richelieu. Lorsqu’il céda son pouvoir à Mazarin, celui-ci dit à son successeur : « Je vous lègue Morin. »

Lorsque Galilée découvrit que c’est la terre qui tourne autour du soleil et non l’inverse, on passa d’une conception géocentrique à une conception héliocentrique de notre univers. L’astrologie fut alors rapidement délaissée car ses fondements ne correspondaient plus à la nouvelle réalité astronomique. Pourtant, le célèbre astronome Kepler faisait remarquer que pour tout observateur terrestre, le soleil et les autres astres continuaient à effectuer leurs révolutions autour du zodiaque et que la nouvelle découverte n’y changeait rien…

Autrement dit, l’astronomie est la science du ciel tel qu’il est, et l’astrologie est la science du ciel tel que les hommes le voient. Et ce n’est pas parce que ces points de vue sont différents que l’un est vrai et l’autre faux.

L’astrologie est une science parce qu’elle comporte une part d’observation – elle est alors une science exacte – et une part d’interprétation qui s’appuie sur des règles confirmées par une expérience deux fois millénaire – elle est alors une science expérimentale. Enfin, elle est une science conjecturale lorsqu’elle formule des prévisions : dans ce cas seulement, elle est susceptible d’erreur car une prévision est fondée sur une convergence de facteurs montrant une tendance plus ou moins marquée. Plus les facteurs sont nombreux et plus leur convergence est forte, plus il y a de probabilités pour que l’événement prévu se produise.
Nul ne s’étonne pourtant de ce qu’on procède de même en médecine : on se base sur l’observation du malade pour formuler un diagnostic et éventuellement un pronostic (pronoscere : connaître à l’avance).