Temps nouveaux, planètes nouvelles


Les historiens s’accordent pour nommer « période contemporaine » celle qui s’étend de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. L’astrologie confirme cette division de l’Histoire puisque les planètes situées au-delà de Saturne ont été découvertes dans l’intervalle : Uranus en 1781, Neptune en 1846 et Pluton en 1930. A l’entrée sur la scène cosmologique de chacune des trois planètes correspond le déclenchement d’une révolution dont les conséquences ont eu, à plus ou moins longue échéance, un retentissement mondial : pour Uranus, l’indépendance des Etats-Unis et la Révolution française ; pour Neptune, la naissance du communisme et la Révolution romantique ; pour Pluton, la Révolution national-socialiste et la Seconde guerre mondiale. Cependant, pour les astrologues, les découvertes des planètes trans-saturniennes ne correspondent pas seulement à des événements, mais aussi à des transformations profondes de la société liées au progrès technique, économique et social.

Ainsi, à la découverte d’Uranus correspondent nombre de faits remarquables relevant rigoureusement du symbolisme du signe régi par cette planète. Citons, parmi tant d’autres, la Déclaration des droits de l’homme, qui affirme le principe d’égalité entre tous les citoyens et rejoint la notion d’ordre horizontal propre au Verseau, par opposition à l’ordre vertical signifié par le Capricorne ; la devise républicaine, dont chacun des trois termes constitue un mot clé de la dialectique uranienne ; sur le plan scientifique, la première ascension en ballon : pour la première fois l’homme s’élève dans le ciel, le monde d’Uranus, en s’affranchissant de la pesanteur propre à Saturne. Dès lors se dessineront les grands traits qui caractérisent l’époque contemporaine : accélération progressive du temps et suprématie de l’humain — le Verseau est le signe de l’Homme — aux dépens du divin, qui relève du Lion, avec pour corollaire l’émergence de l’individualisme et l’affirmation du libre arbitre.

Avec la découverte de Neptune apparaît un faisceau de tendances très différentes et à certains égards opposées. L’astrologie attribue naturellement à la planète la maîtrise des Poissons, signe opposé à la Vierge, et l’on assiste dès lors à la disparition progressive des limites. Limites géographiques avec l’exploration des océans lointains (Pacifique, Indien) et de l’intérieur des continents (Afrique, Amérique du Sud, Australie, Sibérie), qui donneront lieu à la conquête d’empires coloniaux. Conformément à la dialectique neptunienne, l’immensité de ces empires est à rapprocher de leur caractère éphémère, puisqu’en moins d’un siècle ces territoires, dans leur grande majorité, ont acquis leur indépendance. Effacement des limites psychiques aussi avec l’usage des narcotiques pour soulager la douleur (première anesthésie générale en 1847), comme pour favoriser l’inspiration (le haschich cher à Baudelaire et à Théophile Gauthier) ou l’évasion (l’opium). Effacement des limites religieuses enfin, avec le triomphe du christianisme sur la majeure partie du monde, et spirituelles, avec la vague de mysticisme qui caractérisa la seconde moitié du XIXe siècle : ferveur mariale (dialectique Vierge/Poissons), apparitions, miracles, spiritisme.

L’exploitation de l’énergie de la vapeur (Neptune symbolise les vapeurs, les brouillards, ce qui recouvre d’un voile la réalité) contribua au rapide développement de l’industrie, avec pour conséquence l’exode massif des paysans vers les villes et les conditions misérables dans lesquelles vécut la nouvelle classe sociale qui en résulta, le prolétariat. Rien d’étonnant donc à ce qu’une nouvelle doctrine philosophique et politique voie le jour au cours de cette période, le communisme, dont on sait aujourd’hui à quel point elle relève d’une vaste illusion.

Quant à Pluton, la plus petite, la plus lointaine et la plus mystérieuse des planètes — la seule à ne pas avoir encore été photographiée par une sonde spatiale —, elle est certainement celle dont les manifestations sont les plus profondes, les plus insidieuses et de fait les plus agissantes. Elle symbolise le processus de transformation, à savoir la corruption d’une forme existante en vue de sa désintégration, suivie de l’émergence d’une forme nouvelle. Pour ce faire, il induit des tendances extrêmes dans une situation donnée, favorisant ainsi un processus de renversement irréversible qui donnera lieu à la destruction d’un état et à l’avènement du chaos ; c’est de ce chaos qu’émergera par la suite une réalité entièrement différente. A l’évidence maître du Scorpion, Pluton agit de façon masquée, invisible, imperceptible, et lorsqu’apparaissent enfin ses effets, il est souvent trop tard pour en détourner ou même freiner le cours.

Dieu du monde souterrain, Pluton régit les richesses enfouies sous la surface de la terre, en particulier le gaz et surtout le pétrole, et c’est à l’époque de sa découverte que s’en est intensifiée l’exploitation. Il est le détenteur de l’énergie la plus puissante sous la forme la plus réduite, celle contenue dans le noyau de l’atome. Or, c’est en 1938 que fut réalisée la première fission artificielle de l’uranium, faisant par là même entrer l’humanité dans l’âge nucléaire.

Le 24 octobre 1929, le fameux « Jeudi noir », survenait à New York un krach boursier sans précédent, premier acte d’une crise économique qui allait ruiner des millions de gens et en mettre davantage encore au chômage. Ce jour-là, à 9 h 30, heure de l’ouverture de la bourse de Wall Street, le Soleil venait d’entrer en Scorpion tandis que la Lune était à la conjonction de Pluton en Cancer dans la 8e maison.

Dès lors apparaissaient au grand jour et dans le monde entier les forces des ténèbres sous forme de dictatures totalitaires, particulièrement en Europe et en Russie, mais également en Extrême-Orient et en Amérique du Sud. La plus exemplaire fut, comme on le sait, celle qui advint en Allemagne. Il n’aura fallu que trois ans pour que ce pays, rendu exsangue par le Traité de Versailles et dévasté par la crise économique, se dote d’un régime de type nouveau, s’appuyant autant sur la terreur que sur une idéologie implacable et criminelle. Cependant, pour ceux qui surent les voir à temps, nombre de signes ne laissaient guère planer de doute sur les intentions de ses dirigeants, à commencer par le drapeau, dont les couleurs sont celles du Scorpion, l’uniforme noir des SS arborant une tête de mort ou le discours de haine raciste et antisémite. Le 30 janvier 1933, soit 40 jours avant que le carré entre Uranus et Pluton ne devienne exact, Hitler devenait chancelier du Reich.

Sur le plan collectif, c’est au mélange de fascination et de peur que l’on reconnaît la marque de Pluton, de même qu’à sa capacité à endormir les craintes lorsque celles-ci s’éveillent. Six ans après la prise du pouvoir par les nazis commençait la Seconde guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de tous les temps, avec pour corollaire la Shoah et l’utilisation de l’arme atomique.

Afin de mieux comprendre les enjeux de la période actuelle,  nous allons étudier dans les trois articles qui suivent les aspects contemporains des trois planètes trans-saturniennes dont nous avons rappelé le sens en fonction de leur époque de découverte. En effet, leurs influences n’ont cessé de croître et de se mêler de plus en plus étroitement à notre quotidien, au point que les valeurs du monde ancien semblent s’éloigner de plus en plus vite. A cela on reconnaît la marque d’Uranus, dont le dessein est de promouvoir un monde nouveau affranchi des lois de Saturne, en particulier celles du temps et de la verticalité.

Voir Actualité d’Uranus, Actualité de Neptune, Actualité de Pluton.