L'affaire DSK et les astres (suite)


En conclusion de l’article consacré à l’affaire DSK et publié le 5 juin dernier, j’écrivais qu’un événement inattendu en faveur de l’ancien directeur du FMI se produirait probablement lors du passage de Jupiter sur le Soleil de son thème natal. Je précisais qu’il serait dû à un changement dans le témoignage de la plaignante.

Le passage de Jupiter sur le Soleil natal s’est effectué le 1er juillet dernier, soit le jour même où DSK a été libéré, ou plus exactement remis en « liberté sur parole ». Une preuve de ce que la prévision astrologique peut se révéler non seulement exacte, mais aussi très précise dans le temps !

29 octobre 2011

Je ne résiste pas à citer cet extrait du journal « Le Monde » daté d’aujourd’hui, qui confirme de façon particulièrement lumineuse mon analyse de juin dernier :

« Après l’épisode du Sofitel, ils osaient encore, comme M. Cambadélis, le couple « libre, soixante-huitard ». Signe des temps, ils acceptent de parler de « libertinage ». Ainsi ce poids lourd de la strauss-kahnie, toujours à la recherche d’explications : « Il y avait chez Dominique une lutte à mort entre la contrainte d’une candidature qui s’imposait à lui, et la pulsion, celle de son mode de vie soit disant libertin. Plus nous avons exercé de contraintes, plus il était obligé d’organiser ses pulsions ailleurs que dans notre espace. Il s’est donc mis avec des gens que nous ne connaissions pas. Tout cela a fini par occasionner une névrose et un personnage clivé. A un moment donné, le disque dur a fondu. » Et ce proche conseiller, qui a perdu un mentor et un ami : « Il y avait deux Dominique, et nous ne l’avons pas vu. »

Xavier de Ligonnès : l'enquête astrologique


Devant un tel crime, l’assassinat méthodique de sa femme et de ses quatre enfants, on ne peut que s’interroger sur la personnalité de Xavier de Ligonnès. Il est dès lors tentant pour l’astrologue de rechercher dans le thème natal les facteurs astrologiques susceptibles d’expliquer comment un homme peut en arriver là.

L’attention est attirée d’emblée par l’Ascendant en Poissons (décan de Mars), et le premier mot qui vient à l’esprit est « fuite ». En effet, le dernier signe du zodiaque symbolise l’espace intermédiaire entre le surnaturel, l’inconnaissable, et la réalité terrestre à laquelle est soumis tout un chacun. On sait que l’Ascendant Poissons favorise la fuite hors de la réalité par tout moyen, y compris l’illusion sur soi-même, parfois le mensonge ou le vol. On peut de même être tenté de recréer en soi un monde idéal et sans limites, et d’y adhérer tout en entretenant avec la réalité un rapport plus ou moins distendu en fonction des capacités psychiques. Dans le cas qui nous occupe, il semble que le sujet ait cherché à concrétiser le « rêve américain » en transposant aux Etats-Unis la vie professionnelle et familiale qu’il avait en France. Sa biographie indique que c’est après l’échec de son implantation outre-Atlantique que sa dérive s’est amplifiée : il s’est installé dans le mensonge à propos de ses activités professionnelles et s’est mis à emprunter des sommes d’argent de plus en plus importantes auprès de ses proches.

Le maître d’Ascendant, Neptune, est situé en Scorpion et en 8e maison, d’où une affinité avec le monde d’en bas, celui des pulsions enfouies dans les profondeurs de l’inconscient, d’où une forte sexualité, le goût du pouvoir et de l’argent, une tendance à détruire ou à se détruire, ainsi que le culte du secret. Cette tendance se trouve d’autant plus marquée qu’il y a redondance entre les significations du Scorpion et de la 8e maison. On peut en déduire une capacité à se laisser glisser dans le monde de l’interdit, de la destruction du réel ou de ce qui vient le rappeler (Neptune au semi-carré du Milieu du Ciel), de même que le souci de maintenir cette dérive secrète.

Neptune se trouve en aspect de Vénus, en Poissons et en 12e maison, ce qui montre souvent la fuite dans l’amour fusionnel et l’échec qui s’ensuit (Vénus semi-carré à Saturne). Il est également en aspect de Mars en Cancer et en 4e maison, de surcroît au carré de la Lune. Mars, maître de la 8e maison par le Scorpion, montre que la force d’action est comme enfermée (Mars en chute en Cancer) et qu’elle peut s’exprimer de façon agressive vis-à-vis de la famille (maison 4) et de la femme (carré à la Lune en maison 7). Nous remarquons également que Vénus et Mars se trouvent en trigone exact, or on sait que notre personnage est aussi un séducteur (il a entretenu une liaison avec une maîtresse à laquelle il a emprunté une forte somme d’argent).

La présence de l’Ascendant en Poissons, de Neptune en Scorpion et de Mars en Cancer, soit dans les trois signes d’eau, indique une personnalité marquée par le rêve, le fantasme, l’illusion. Il existe ici une forme d’immaturité, une tendance à l’affabulation pour masquer ses difficultés à se construire dans le réel, et surtout une fragilité psychique liée aux Poissons.

L’autre grande composante du thème contraste fortement avec la première : quatre astres occupent le signe du Capricorne, à savoir Jupiter et Saturne encadrant le Soleil, plus Mercure exactement conjoint à Saturne. Nous nous trouvons de fait dans un contexte entièrement différent du précédent, celui de la structure, de la responsabilité, de la réalité tangible et de la Loi. Ces valeurs se trouvent encore accentuées du fait que Saturne se trouve en son domicile et que par conséquent il régit l’amas. Plus encore, la conjonction de Mercure à Saturne implique une logique rigoureuse, un rapport distant avec l’entourage (certains de ses proches le décrivent comme froid et cassant). Et pour parfaire l’ensemble, ces quatre astres sont en aspect de sextile à l’Ascendant.
Comment ces valeurs, même juxtaposées au premier ensemble « eau », ont-elles empêché notre sujet de construire sa vie autrement que sur des mensonges et des illusions ? C’est que l’ensemble de ces configurations en Capricorne comporte des failles.

Le milieu du Ciel en Sagittaire, significateur de la carrière, est régi par Jupiter. Or celui-ci est en Capricorne, signe de sa chute, et de surcroît conjoint à Saturne. Si dans la mythologie Jupiter, fils de Saturne, parvint à détrôner son père et devint à son tour le père des dieux et des hommes, il n’en va de même ici car Jupiter se trouve directement soumis à l’autorité de Saturne de par sa conjonction à ce dernier et sa chute en Capricorne dont Saturne est le maître. On sait par les médias que Xavier de Ligonnès vouait une forte admiration à son père, ce qui laisse supposer qu’il n’a jamais réussi à s’affranchir de son autorité. Il a donc cherché à faire semblant, à se créer une image rassurante de père de famille et de chef d’entreprise sans que celle-ci ne recouvre de réalité tangible. On note du reste que l’amas planétaire en Capricorne se situe en 11e maison, celle des projets et non de la réalisation sociale. Or les témoignages font état de nombreux projets professionnels inaboutis, notamment dans le secteur commercial.

On découvre ensuite que Xavier de Ligonnès, conformément à la symbolique du Capricorne, est en réalité un homme seul. Malgré son masque de sociabilité, il s’est enfermé dans une logique d’échec tant au niveau de sa carrière professionnelle que de son « rêve américain ». Toutefois, ces considérations ne peuvent expliquer à elles seules comment il a pu décider en toute lucidité de supprimer sa famille et d’organiser sa fuite, comment on passe d’une faiblesse de structure associé à un complexe d’échec à l’anéantissement des siens.

La clé nous est donnée par la Lune noire, Lilith dont la mythologie rapporte qu’elle « est née pour faire le mal aux petits enfants ». Désignée comme démone, Lilith était réputée pénétrer dans les foyers pour tuer les nouveau-nés. Première épouse d’Adam, elle s’enfuit du Paradis terrestre pour s’unir ensuite à Satan. Certaines légendes affirment même qu’elle accepta de tuer sa progéniture démoniaque pour se racheter. En astropsychologie, la Lune noire symbolise la faille qui peut faire plonger l’être dans le néant, elle désigne la transgression ultime, la souffrance indicible autant que la quête d’absolu.

Dans le thème de Xavier de Ligonnès, Lilith se trouve en Cancer (la famille) et dans la 5e maison (les enfants), et c’est bien dans ce domaine qu’il est passé à l’acte, avec l’aide Mars en Cancer et en maison 4. Par ailleurs, Lilith envoie des oppositions à tous les astres situés en Capricorne : l’opposition au Soleil traduit la quête d’un absolu inaccessible et le déni de soi, celle à Jupiter l’impossibilité de réussir socialement, celle à Saturne le refus de la Loi. En d’autres termes, elle représente la faille dans la structure et conduit à son écroulement.

La synthèse de cette analyse conduit à penser que l’on a affaire à une personnalité clivée, pour reprendre le langage psychanalytique. Ce clivage met en évidence deux facettes, celle fragile et fuyante correspondant à l’Ascendant Poissons et à Neptune en Scorpion, et celle froide et déterminée à l’amas en Capricorne. Toutefois, c’est Lilith qui fait le lien et signe l’acte criminel.

Selon les autorités, les faits se sont produits entre le 3 et le 6 avril 2011. Les transits du 3 avril montrent une conjonction exacte de Mars, de Lilith et d’Uranus sur le 2ème degré du Bélier, ainsi que des oppositions du Soleil, de la Lune et de Jupiter en Bélier à Saturne en Balance, lesquelles actualisent la conjonction Soleil-Jupiter-Saturne de naissance.

Une dernière question : où le fugitif a-t-il pu se réfugier ? Dans le thème natal, la maison 9 en Sagittaire (l’étranger) est régie par Jupiter en Capricorne en maison 11. En révolution solaire (dressée pour Nantes), le Soleil et Mars sont en maison 9 en Capricorne, laquelle vient se superposer à la maison 11 natale, et la maison 11 reçoit entre autre Jupiter et Uranus. On pourrait en déduire que Xavier de Ligonnès se trouve chez un ami en Angleterre…

L'affaire DSK sous le regard des astres


Elizabeth Tessier prévoyait l’année dernière, dans un grand hebdomadaire, que « 2011 serait pour DSK une année géniale et qu’à 62 ans, c’était l’année de sa vie ». Quand on sait ce qui s’est produit le 14 mai dernier, la prédiction de la « grande dame de l’astrologie française » constitue un cadeau inespéré pour nos détracteurs. On relève au moins deux facteurs pour expliquer ce ratage exemplaire.

Le premier, c’est que dans l’esprit du grand public E. Tessier incarne la seule référence en matière d’astrologie. Par conséquent, si elle se trompe à ce point, c’est que l’astrologie n’est pas fiable. Pourtant, d’autres astrologues plus ou moins médiatiques, dont Christine Haas, avaient annoncé que DSK ne se présenterait pas.

Le deuxième, c’est que l’astrologie est une science infiniment complexe et subtile et qu’il ne suffit pas de tenir compte d’une configuration immédiatement visible pour faire une prévision réussie. Effectivement, à première vue l’année 2011 se présentait sous les meilleurs auspices si l’on ne prenait en considération qu’un seul facteur, en l’occurrence le passage de Jupiter sur les points les plus saillants du thème de DSK liés à sa carrière. Mais le fait est qu’il y en avait d’autres, sans doute moins flagrants mais néanmoins aisément identifiables, qui annonçaient précisément le contraire, ou tout au moins qui mettaient en évidence des risques d’empêchement. De quelles configurations s’agissait-il ? Entre autre du passage d’Uranus sur la Lune de naissance, alors que ce même Uranus présentait dans le thème natal un risque d’événement soudain vécu comme une épreuve ou un accident, de coup de tonnerre, pour reprendre l’expression employée par les médias pour qualifier la chute de DSK. Or, le passage d’Uranus se produisait avant celui de Jupiter. En d’autres termes, un train peut en cacher un autre, et c’est précisément ce que Mme Tessier n’a pas pris la peine de voir alors que d’autres astrologues l’ont fait.

L’affaire ne se résume donc pas à « un pour ou contre l’astrologie », à un jugement à l’emporte-pièce quant à la valeur d’une discipline dont l’âge respectable — 2 000 ans au moins — devrait inspirer un certain respect. La question essentielle porte en réalité sur la compétence de l’astrologue et sur l’indispensable travail d’analyse préalable à toute interprétation, lequel se situe aux antipodes des horoscopes des journaux. Non, l’astrologue ne juge pas de l’avenir en jetant un coup d’œil négligent sur le thème astral d’une célébrité. Ce n’est qu’après avoir analysé, comparé et relativisé un grand nombre de facteurs qu’il se prononcera. C’est du moins ce qu’il est censé faire, tout en reconnaissant qu’en matière prévisionnelle il existe un risque d’erreur correspondant à la complexité des facteurs pris en compte et à l’infinité des possibles.

Pour en venir à DSK lui-même, comment l’astrologie rend-elle compte de ce qui a pu conduire à une chute aussi brutale pour des raisons aussi triviales ? On a répété à l’envi que DSK est natif du Taureau, un signe lié aux appétits et au désir de possession. Certes, ceci illustre sa sensualité effrénée et son intérêt pour l’argent et l’économie. Mais ce simple trait ne suffit pas, loin de là, à expliquer son comportement.

Il faut tenir compte également de l’Ascendant Lion, qui confère au sujet un fort besoin de reconnaissance. Celui-ci peut s’accompagner d’un sentiment de supériorité, comme si on appartenait à une élite, ainsi que du goût du luxe (le désir de ce qu’il y a de mieux) et de l’argent (qui permet de se l’offrir). Ce trait se trouve renforcé ici par le fait que le Soleil, astre associé au signe du Lion, se trouve proche du zénith, le lieu de la réussite et du pouvoir. De ce fait, l’importance du Soleil a pu donner à DSK une psychologie d’ « enfant roi » qui n’admet pas qu’on puisse mettre une limite à son ambition et à ses appétits sensuels (Vénus se trouve à côté du Soleil dans le signe du Taureau).

Mais si ces traits évoquent les feux de la réussite, la présence de Pluton dans le signe du Lion, non loin de l’Ascendant, montre un autre aspect beaucoup plus ténébreux et secret. En effet, Pluton, dieu du monde souterrain dans la mythologie latine, est associé à la part d’ombre que chacun porte en soi. Lié aux pulsions et aux instincts venus des profondeurs de la psyché (sexualité, pouvoir, angoisse, autodestruction), il exerce chez les individus concernés par son influence une emprise aussi invisible que puissante, laquelle, quand on la laisse grandir, en vient à rivaliser avec la volonté. Le sujet se trouve alors de plus en plus gouverné malgré lui par des désirs que par ailleurs son sens moral réprouve et pour la satisfaction desquels il cherchera à négocier. La sensualité du Taureau se mue alors en désir frénétique de jouissance, tandis qu’augmente l’angoisse qui résulte de l’antagonisme entre les parts d’ombre et de lumière.
Il ne fait guère de doute que l’angoisse constitue une composante majeure de la personnalité de DSK. Comme il l’a écrit lui-même, sa vie s’est arrêtée lorsqu’une grande partie de son entourage a disparu dans le tremblement de terre d’Agadir alors qu’il avait 11 ans. Par ailleurs, il est né peu après la Deuxième guerre mondiale dans une famille juive et l’on sait combien cette génération est marquée par la Shoah et l’angoisse qui en résulte. Sans doute est-ce en raison de cette lutte entre pulsion de vie et pulsion de mort que DSK consacre beaucoup de ses loisirs à jouer aux échecs, là où s’affrontent le blanc et le noir à l’image du bien et du mal, l’intelligence pouvant se mettre indifféremment au service de l’un ou de l’autre. Parvenu au seuil du pouvoir suprême, la présidence de la République, ce sont les forces obscures qui l’ont emporté sur sa volonté et son ambition. Le pion noir a mis le roi blanc échec et mat sous l’effet d’une pulsion sexuelle qui doit être comprise aussi comme autodestructrice. Le 14 mai dernier, Pluton envoyait une dissonance majeure (un angle de 90°) sur le zénith de son thème natal et mettait un point d’orgue à sa carrière.

Le thème de DSK révèle cependant une autre composante de sa personnalité, à savoir son rapport aux femmes, ou plutôt à la femme. Deux symboles de la féminité, la Lune et la Lune noire, également appelée Lilith, s’y retrouvent côte à côte. Si la Lune évoque l’image de la mère et de l’épouse, la Lune noire représente la femme fatale à la fois désirée et rejetée, séductrice et mortifère, rebelle et castratrice. De fait, Lilith est un symbole tiré de la mythologie juive : parfois représentée sous les traits d’une prostituée, elle était supposée violer les hommes pendant leur sommeil pour s’emparer de leur semence et enfanter des démons… Ainsi, la juxtaposition de ces deux figures archétypales est-elle à l’image de son vécu : à côté de la femme protectrice (en l’occurrence Anne Sinclair, native du Cancer, signe de la Lune) qui pourra jouer aussi un rôle maternel, se tient celle que l’on séduit et que l’on rejette, que l’on désire et que l’on méprise, voire que l’on maltraite. D’un point de vue psychologique, ce trait est caractéristique de l’enfant roi qui tend à faire de sa mère sa chose et qui, devenu adulte, adopte vis-à-vis de la femme une conduite abusive. Le 14 mai dernier, La Lune noire venait de repasser sur sa position de naissance (son cycle est de 9 ans environ) et s’approchait du zénith, en même temps qu’Uranus, qui désigne la foudre, arrivait sur la Lune de naissance.
Comme on le voit, il existe effectivement deux faces chez DSK, celle de la lumière symbolisée par le Soleil et la Lune, et celle de l’ombre symbolisée par Pluton et la Lune noire. Dès 2008 et encore en février dernier, des journalistes l’appelaient Docteur Strauss et Mister Kahn…

Quant au passage de Jupiter, qui faisait dire à Elisabeth Tessier que l’année 2011 serait exceptionnelle, que peut-il en attendre ? S’agissant d’un astre magnanime et dévolu aux affaires judiciaires dans son thème natal, on peut supposer que DSK s’en sortira sans trop de dommages, probablement grâce à un revirement inattendu, comme par exemple une inflexion du témoignage de la victime.