Personne n’avait prévu la victoire de Donald Trump… sauf l’Astrologie


mr-trump-yellow-tieDe même que le Brexit était prévisible dès l’annonce de la date du référendum en Grande-Bretagne, l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis l’était tout autant par l’astrologie, à la condition que ses méthodes sont correctement appliquées. Nous avions déduit dès avant l’été, avec mon groupe d’élèves, non seulement que la victoire de D. Trump serait inéluctable, mais aussi qu’elle surprendrait le monde entier. La principale raison en est simple : la planète Uranus, placée dans le signe des Gémeaux près du Soleil du thème natal de Trump, annonçait une carrière extraordinaire, faite de rebondissements inattendus grâce à une remarquable capacité d’adaptation, et surtout basée sur l’affirmation systématique de son ego, particulièrement vis-à-vis des institutions. Planète qui symbolise les événements soudains, les « coups de tonnerre », les changements de régime tels que les révolutions (elle a été découverte 8 ans avant la Révolution française), Uranus représente aussi la réussite individuelle et, sur un plan collectif, le libéralisme économique et l’idéologie qui le sous-tend. Très valorisée dans le thème des Etats-Unis (déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776), elle signifie les principes de liberté, d’expansion, de progrès technique et d’individualisme qui caractérisent l’image des États-Unis à travers le monde.

Mais le thème de Trump présente une autre particularité, aussi rare que précieuse, qui a fait la différence : son Ascendant, situé à l’extrême fin du signe du Lion, se trouve exactement sur l’étoile Regulus, l’une des quatre « étoiles royales ». Appelée aussi « Cœur du Lion », cette étoile est réputée depuis l’Antiquité favoriser une destinée brillante ou un pouvoir hors du commun lorsque le reste du thème le confirme. D’autres configurations remarquables, telles que la présence de Mars en Lion sur l’Ascendant, signe d’une « fierté féroce », ou celle très avantageuse de Jupiter au trigone du Soleil et d’Uranus, viennent confirmer que c’est bien le cas ici.

Encore fallait-il, pour obtenir la victoire, que les configurations de la période de l’élection s’y prêtent. Or, c’est le moins qu’on puisse dire, elles s’y prêtent fortement : Uranus est parvenu au sextile (angle favorable entre deux astres) du Soleil, maître de son Ascendant Lion, une configuration qui ne se produit que deux ou trois fois dans une vie. Jupiter, revenu en Balance comme à la naissance, forme le meilleur angle possible (un trigone) au Soleil et à Uranus. Quant à son thème annuel, appelé révolution solaire, il était tout aussi prometteur : dressé pour Greensboro, en Caroline du Nord, où D. Trump a fait un meeting le jour de son anniversaire, il mettait en valeur le lien entre le Soleil et Uranus, auquel venait s’ajouter une conjonction du Soleil à Vénus, l’astre de la séduction à laquelle ont succombé une majorité d’Américains.

Le thème natal d’Hillary Clinton présentait certes aussi des configurations intéressantes, mais gâchées par le carré (angle défavorable entre deux astres) de la Lune en Poissons et au Milieu du Ciel à Uranus en Gémeaux : la popularité symbolisée par la Lune se trouve soudainement éclipsée par un retournement de situation inattendu, tout à fait caractéristique du carré d’Uranus. La candidate n’avait qu’une possibilité pour tenter de redresser la situation : passer son anniversaire à Phoenix, dans l’Arizona, afin d’optimiser son thème annuel. Bien que prévenue elle n’en a rien fait, préférant tenir un meeting en Floride, État que Trump devait remporter très largement. Depuis le 25 octobre, jour de son anniversaire, le destin de l’Amérique, et plus largement celui du monde, était scellé.

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Donald Trump, 14 juin 1946, 10h54, Jamaica, Etat de New York

Exoplanètes : la grande supercherie


exoplanèteAu cours des vingt dernières années, ce sont près de 2 000 planètes qui ont été identifiées autour d’étoiles plus ou moins lointaines de notre galaxie. Ces découvertes représentent en soi un formidable exploit technologique, rendu possible par le perfectionnement des télescopes actuels. Ainsi sont régulièrement annoncées les découvertes de « planètes-sœurs » de la Terre, dont on sait depuis un certain temps déjà que celle-ci est la seule de tout le système solaire à développer la vie. L’an dernier c’était Kepler-452b, qui gravite autour d’une étoile située à 1 400 années-lumière et dont la une des journaux annonçait qu’elle était une « super-Terre » ; le 26 août dernier, c’était Proxima-b, située dans la zone supposée favorable à l’apparition de la vie autour de l’étoile la plus proche du Soleil, Proxima du Centaure, qui « n’est qu’à » 4,25 années-lumière de chez nous. Tout cela est admirable mais, au-delà de l’annonce de la découverte, le message implicite au grand public est le suivant : puisqu’à quatre pas d’ici une autre planète est susceptible de nous accueillir, pourquoi nous désespérer de la destruction accélérée de la nôtre ?

C’est effectivement à la fois une totale illusion et une odieuse supercherie que de laisser croire à nos contemporains qu’un jour l’homme pourra coloniser une exoplanète. Et ce pour une raison simple : il aura disparu bien avant.

D’abord parce qu’une seule année-lumière représente une distance qui ne se situe pas à la même échelle que celles s’appliquant au système solaire : l’exoplanète qui vient d’être découverte est à 40 000 milliards de km, soit 7 000 fois plus loin de la Terre que ne l’est Pluton. Considérant que la sonde New Horizons, qui a survolé Pluton le 14 juillet 2015, a mis 9 ans et demi pour y parvenir, il faudrait environ 66 500 ans à un vaisseau utilisant le même principe de propulsion pour faire le voyage. Certes, les scientifiques médiatiques affirment déjà, avec l’assurance qui les caractérise en général, que l’Homme saura un jour mettre en œuvre une technologie différente permettant d’aller plus vite, c’est-à-dire au moins 1 000 fois plus vite pour que l’affaire soit envisageable.

Ensuite, et c’est là que le problème devient insoluble, à la vitesse à laquelle s’accélère l’évolution de l’humanité  — destruction de la nature, épuisement des ressources, surpopulation, sans parler des risques de guerre généralisée — il est hautement improbable, pour ne pas dire plus, qu’un vaisseau s’apprête à embarquer des colons à destination d’une exoplanète avant l’extinction de notre espèce.

Mettre en une l’annonce de la découverte d’une planète a priori accueillante et accessible, comme l’ont fait Le Monde, Le Figaro ou Science & Vie, relève plus que de la supercherie : c’est entretenir de la façon la plus cynique qui soit l’illusion qu’il existe une « planète B », et cette illusion est avant tout destinée à relativiser les échéances auxquelles l’humanité devra faire face à très court terme. A moins que dès demain matin tout soit mis en œuvre pour éviter une telle issue, mais rien ne semble l’annoncer…

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New Horizons


Sonde New HorizonsÀ la vitesse prodigieuse de 14 km/s, la sonde New Horizons se dirige actuellement vers Pluton, la plus petite, la plus lointaine et la plus mystérieuse des planètes de notre système solaire. Après avoir parcouru 4,5 milliards de km, elle n’en est plus éloignée que de 420 millions. Lancée le 19 avril 2006 à 15 h 00 de Cap Canaveral, elle passera au plus près de Pluton le 14 juillet 2015 à 11 h 49’ 59” TU pour se diriger ensuite vers la ceinture de Kuyper et au-delà. Elle nous livrera ainsi les premiers clichés « de près » (à 9 600 km de distance seulement) de la surface de Pluton et de son principal satellite, Charon. Les ingénieurs de la NASA ont bien fait les choses : New Horizons est alimentée par une batterie au plutonium 238 et emporte avec elle les cendres du découvreur de la planète, Clyde W. Tombaugh, décédé en 1997. On notera incidemment qu’à peine quatre mois après le lancement de la sonde, le 24 août 2006, Pluton était déchu du rang des planètes par le congrès de l’Union Astronomique Internationale réuni à Prague.

Pour les astrologues aussi, bien qu’à un point de vue différent, photographier Pluton relève d’un formidable défi, défi qu’on peut même qualifier de prométhéen : maître du signe du Scorpion, il règne sans partage sur le monde de l’invisible ; il est la clef des processus de désintégration et de transformation qui toujours s’accomplissent dans les ténèbres ; il est le gardien de la vie et de la mort et en cela commande au plus grand des mystères, celui du passage d’un état d’existence à l’autre. Et il n’aime pas être vu, c’est pourquoi, comme dieu des enfers, il porte un casque en peau de chien qui le rend invisible et qu’il ne quitte jamais, comme le rapporte la mythologie. Du reste, son nom grec Hadès ne signifie-t-il pas « invisible » ?

Dans ces conditions, on peut supposer que le fait de photographier Pluton risque fort de susciter son courroux, lui qui aux temps anciens était redouté des hommes au point qu’ils se risquaient pas même à prononcer son nom, alors que ceux des temps actuels n’ont pas hésité à lui retirer son rang. Pour rappel, Pluton a été découvert le 18 février 1930 et il est entré le 14 juin 1939 dans le signe du Lion, qui est à la lumière ce que le Scorpion est aux ténèbres. Comme on le sait, cette mise en lumière symbolique fut suivie moins de trois mois plus tard par le début de la Seconde Guerre mondiale (voir Actualité de Pluton).

Pluton sera donc la dernière des planètes du système solaire à être photographiée par une sonde, comme l’ont été auparavant les deux autres trans-saturniennes, Uranus et Neptune, par la sonde Voyager 2 en 1986 et 1989. De fait, ces deux années furent marquées par des événements qui, non seulement ont laissé une trace profonde dans l’histoire récente, mais encore sont en parfaite résonance avec le symbolisme de la planète visitée.

Voyager 2 et le survol d’Uranus

Navette ChallengerAprès être passée près de Jupiter et de Saturne et en avoir transmis de saisissantes images, Voyager 2 a survolé Uranus le 24 janvier 1986 à 81 500 km de sa surface, nous livrant ainsi les premiers clichés de la planète gazeuse. Quatre jours plus tard, la navette Challenger explosait au dessus du Cap Canaveral 73 secondes après son décollage, provoquant la mort de ses sept passagers et devenant ainsi la pire catastrophe de l’histoire de l’astronautique. On sait depuis que l’accident fut provoqué par une erreur humaine : en raison du froid qui avait sévi la nuit précédant le tir, un joint torique de l’un des deux propulseurs à poudre accolés au réservoir principal d’hydrogène se rompit, alors qu’il n’avait pas été testé pour des températures inférieures à 0° C.

 

 Décollage de la navette Challenger, 28 janvier 1986, 11 h 38, Cap Canaveral (Floride)

 Malgré la conjonction du Soleil à Mercure et Vénus appliquant à Jupiter dans le Verseau, on note que Pluton, angulaire au Descendant dans le Scorpion, envoie trois carrés à la triple conjonction et que Mars, également en Scorpion, envoie un carré à Jupiter. Tout s’est passé comme si les deux maîtres du Scorpion en avaient décidé autrement, sans doute sous l’égide d’Uranus : celui-ci se place en maison VIII et transmet ses influx par semi-carrés, d’un côté à Pluton et de l’autre à Mercure et au Soleil. Il envoie également un sesqui-carré à l’Ascendant Taureau dont le maître, Vénus, reçoit, comme on l’a vu, un carré de Pluton. Par ailleurs, Saturne (le froid) se place sur la cuspide de la Maison VIII et forme un carré à la Lune. Enfin, Lilith, placée en maison I, est précisément conjointe à l’étoile fixe Algol, dont on sait qu’elle est « la plus mauvaise étoile des cieux » (V. Robson).

tchernobyl Toutefois, ce n’est pas cet événement, aussi dramatique fût-il, qui marqua le plus cette année 1986, mais la catastrophe de Tchernobyl survenue trois mois plus tard, le 26 avril 1986. Toujours suite à une série d’erreurs humaines, commises en l’occurrence par les responsables de la centrale qui se livraient à un « exercice », le réacteur n° 4 explosa, entraînant la fusion du cœur chargé de barres d’uranium et libérant dans l’atmosphère une énorme quantité de matières radioactives (produits de fission). En dehors des quelques victimes directes de l’accident, ce sont essentiellement les « liquidateurs » qui payèrent le plus lourd tribut : sur les 600 000 personnes venues de toute l’Union soviétique pour tenter d’éteindre le réacteur, on estime que 10 % environ perdirent la vie dans les mois ou les années qui suivirent, et que 30 % restèrent handicapés. A cela s’ajoutent bien sûr les conséquences sanitaires sur les populations de la région, pour lesquelles les estimations restent contradictoires. On sait par ailleurs que le nuage radioactif se propagea non seulement en Ukraine et en Biélorussie, mais aussi sur une partie de l’Europe occidentale, y compris dans le sud de la France et en Corse où il entraîna une augmentation sensible du nombre de cancers de la thyroïde.

Cette catastrophe fut la première à être classée au niveau 7, le plus élevé sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES). L’autre catastrophe du même ordre, mais due à des causes entièrement différentes, est celle de la centrale nucléaire de Fukushima, survenue le 11 mars 2011 suite à un séisme sous-marin.

Catastrophe de Tchernobyl, 26 avril 1986, 1 h 23’ 44”, Pripyat (Ukraine)

 La signature d’Uranus se manifeste ici plus clairement encore : placé très précisément sur l’Ascendant, il envoie un semi-carré à Pluton et un sesqui-carré au Soleil, soit le même type d’aspects que dans la carte précédente, et ne forme par ailleurs aucun aspect harmonique. Notons également la présence de Saturne sur la cuspide de la Maison XII et l’encadrement de la Lune, en chute en Scorpion, par Pluton et Saturne.

Si les thèmes des deux catastrophes analysées ci-dessus mettent clairement en évidence le rôle d’Uranus et de son semi-carré à Pluton, on constate par ailleurs que, outre leur aspect explosif, les deux événements se rattachent directement au symbolisme d’Uranus et du Verseau : l’espace dans le premier cas, le rayonnement radioactif dans l’autre.

Voyager 2 et le survol de Neptune

Poursuivant sa course dans l’espace, Voyager II survola Neptune le 25 août 1989 à 29 200 km de sa surface, soit à une distance trois fois moindre que lors de l’approche d’Uranus. De ce fait, les photos prises par la sonde n’en sont que plus saisissantes et révèlent la couleur bleu océan de la planète avec quelques taches blanches semblables à de l’écume, en tout point conforme au symbolisme du dieu des mers. Deux mois et demi plus tard, le Mur de Berlin s’écroulait sous une marée humaine ivre de liberté, sonnant le glas du système communiste qui régnait sur une partie du monde depuis 72 ans, soit exactement le temps de deux cycles de Saturne et Neptune.

West Berliners crowd in front of the Berlin Wall early 11 November 1989 as they watch East German border guards demolishing a section of the wall in order to open a new crossing point between East and West Berlin, near the Potsdamer Square. Two days before, Gunter Schabowski, the East Berlin Communist party boss, declared that starting from midnight, East Germans would be free to leave the country, without permission, at any point along the border, including the crossing-points through the Wall in Berlin. The Berlin concrete wall was built by the East German government in August 1961 to seal off East Berlin from the part of the city occupied by the three main Western powers to prevent mass illegal immigration to the West. According to the "August 13 Association" which specialises in the history of the Berlin Wall, at least 938 people - 255 in Berlin alone - died, shot by East German border guards, attempting to flee to West Berlin or West Germany.

Mais la fin du communisme mettait également un terme à l’équilibre géopolitique instauré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale par les deux superpuissances de l’époque, les États-Unis et l’Union soviétique. Depuis, les puissances émergentes sont devenus des grandes puissances à part entière, à commencer par la Chine, et de bipolaire le monde est devenu multipolaire, augmentant d’autant les risques de déséquilibre. Si, de toute évidence, la chute du Mur s’est inscrite dans un processus inéluctable qui était en cours depuis plusieurs années, sa portée symbolique continue de marquer l’histoire contemporaine.

Chute du Mur de Berlin, 9 novembre 1989, 18 h 57

 Le thème est marqué par l’opposition exacte de Jupiter à la conjonction exacte de Saturne et Neptune, cette dernière symbolisant les régimes communistes et se trouvant proche du Descendant, le lieu du déclin, tandis que l’opposition de Jupiter symbolise le point culminant de l’exaspération qui couvait chez les peuples soumis à ces régimes. On remarquera la présence d’Uranus, maître du Milieu du Ciel, sur la cuspide de ce même Descendant, qui ici peut s’assimiler au mouvement de libération soudain et imprévisible du peuple est-allemand, et plus largement des peuples d’Europe de l’Est qui en bénéficièrent rapidement ensuite. Cependant, la présence simultanée en Scorpion de Lilith, de ses maîtres Mars et Pluton, enfin de Mercure et du Soleil, marque la fin d’une époque et laisse entrevoir les profondes mutations qui découlèrent de cet événement.

Venons-en à présent à l’étude des astralités qui prévaudront lors de l’approche de Pluton par la sonde New Horizons.

 New Horizons et le survol de Pluton

 

Survol de Pluton, 14 juillet 2015, 11 h 49’ 59” TU

 L’examen de cette carte, évidemment non domifiée, montre que, de toute évidence, Pluton n’est guère enthousiaste à l’idée que l’humanité vienne lui rendre visite à domicile, qui plus est pour le photographier de très près ! Mais tentons de le comprendre : Pluton est (ou bien était, selon le point de vue des astronomes) une planète du système solaire, il est également un symbole pour les astrologues, reflétant en cela une part de notre humanité tant individuelle que collective, enfin il est un dieu pour les Anciens dont nous descendons. Il est probablement tout cela à la fois, mais assurément il ne se situe pas sur le même plan que ceux venus l’observer.

Il suffit de regarder sa position relativement aux autres astres pour se convaincre de ce qui précède :

–  Si l’orbe du carré d’Uranus à Pluton tend à se distendre (6° 23’), l’ultime carré exact s’étant formé trois mois auparavant, celui-ci n’en demeurera pas moins actif, d’autant que :

–  Saturne en Scorpion et Pluton en Capricorne, en échange de domicile, formeront un semi-carré exact

–  Mars, depuis le Cancer, signe de sa chute, formera une opposition exacte à Pluton et un sesqui-carré tout aussi exact à Saturne

–  Le Soleil en Cancer sera également en opposition de Pluton et au carré proche d’Uranus

–  La Lune en Cancer viendra dès le lendemain potentialiser ces différents influx en parvenant à la conjonction de Mars, donc à son tour à l’opposition de Pluton et au sesqui-carré de Saturne.

On notera enfin que ces configurations se dérouleront dans un contexte de carré appliquant entre Jupiter et Saturne, souvent lié à des difficultés politiques, économiques, sociales ou internationales.

La comparaison de ces configurations avec le thème de découverte de Pluton (18 février 1930, 16 h 30, Flagtsaff, Arizona) montre que Pluton arrivera pratiquement à l’opposition de sa position d’origine (17° 46’ Cancer, soit 3° 42’ d’orbe), ce pour la première fois depuis qu’il s’est révélé à l’humanité. Le maître du Scorpion aura donc parcouru la moitié de son cycle zodiacal entre le moment où il a été vu de loin et celui où il aura été vu de près. Nous remarquons également qu’il formait à l’origine un sesqui-carré au Soleil (29° 36’ du Verseau), alors qu’il se trouvera cette fois à son opposition.

Pour revenir à l’analyse des configurations du 14 juillet 2015, il s’agira manifestement d’un climat de grande tension potentiellement mêlée de violence et de peur, dont tout un chacun ressent du reste déjà les prémices, et qui sera susceptible de manifester les effets cumulés des sept carrés qui se seront formés successivement de juin 2012 à mars 2015 entre Uranus et Pluton (à l’heure où j’écris ces lignes, nous en sommes au quatrième). Faut-il rappeler que Pluton se trouve actuellement en Capricorne, signe de la structure et du pouvoir, et que Saturne se trouve en Scorpion, signe de la désintégration ? Les deux astres se trouvant en échange de domicile, ils paraissent effectivement agir de concert pour déstructurer la société et affaiblir les pouvoirs en place, tout au moins dans certains pays, en remettant en cause la Loi sous ses différentes formes et en mettant en péril la cohésion sociale. C’est précisément parce que la Loi peine à s’imposer que les valeurs morales se fissurent et que par suite les peurs apparaissent, entraînant à leur tour l’éveil des instincts de défense et de survie qui finissent par conduire à la rébellion, à la violence, à la haine, à la barbarie et au chaos. Si les causes de cette situation sont multiples et connues, au premier rang desquelles le renforcement de l’individualisme, force est de constater que rien n’a été véritablement entrepris pour y remédier, bien au contraire, et que l’on s’achemine à vitesse croissante vers une forme quelconque de paroxysme. On ne peut en effet imaginer plus grande tension que celle contenue par Uranus et Pluton lorsqu’ils se trouvent en carré, ainsi qu’on l’a déjà constaté pour les années 30.

S’il devait donc se produire, au cours de la période qui suivra le survol de Pluton, un événement de grande ampleur, susceptible de changer le cours des choses dans une mesure au moins égale à la catastrophe de Tchernobyl ou à la chute du Mur de Berlin, on peut chercher à savoir de quelle nature il pourrait être. Assurément celle de Pluton, aussi pouvons-nous nous référer à ses manifestations actuelles pour avoir une idée de ce dont il pourrait s’agir : action terroriste majeure, avènement d’un régime totalitaire dans un grand pays, éventuellement suite à une situation insurrectionnelle, guerre religieuse ou civile, catastrophe nucléaire, désastre écologique… Si ces perspectives sont résolument pessimistes, j’en suis conscient et je le déplore, elles n’en sont pas moins possibles compte tenu de la tendance évolutive qui se dessine actuellement.

On peut de même rechercher les pays qui pourraient en être le plus affectés grâce aux thèmes d’États, quand bien même cette méthode ne saurait qu’évoquer quelques hypothèses en laissant le champ libre à d’innombrables éventualités, surtout au vu des interactions de plus en plus fortes et rapides qui s’opèrent en tout point du monde actuel. Trois pays semblent se détacher plus particulièrement, parmi lesquels le nôtre.

 

Transits du 14 juillet 2015 pour la France

La France : en se basant sur le thème de la Ve République, on constate que Pluton balaiera pendant un peu plus d’un an, de décembre 2014 à janvier 2016, la zone comprise entre 12° et 15° du Capricorne. Il formera donc une série de carrés tant au Soleil et à Mercure qu’à l’Ascendant, et stationnera même, fin septembre et début octobre 2015, sur 12° 58’, soit à 0° 01’ du carré exact au Soleil radical. Dans la même période, Saturne viendra s’y ajouter en envoyant un semi-carré au Soleil puis un sesqui-carré à l’Ascendant, comme il l’aura déjà fait en décembre 2014 et de mi-juin à mi-juillet 2015. Il touchera également par opposition Mars, maître de l’Ascendant Bélier, en janvier, juin et octobre 2015. Au 14 juillet 2015, jour de la Fête nationale, le Soleil de la Ve République sera donc touché par le carré de Pluton (avec un orbe de 1° 07’), celui de Mars (orbe de 0° 22’) et le semi-carré de Saturne (orbe de 0° 37’).

Ajouté aux constitutions universelles mentionnées plus haut, il apparaît ainsi que notre pays pourrait traverser une grave épreuve, dont les répercussions seraient susceptibles de mettre en péril nos institutions, au moins pour un temps. En effet, le Soleil de la Ve République se trouve en Balance, signe de l’équilibre et de la Loi (Saturne s’y trouve à dessein exalté), celle-ci assurant celui-là, or c’est précisément le Soleil qui se trouve le plus touché par les influx combinés de Pluton et de Saturne.

Transits du 14 juillet 2015 pour le Japon

Le Japon : L’ère Heisei commence officiellement le 8 janvier 1989, soit le lendemain de la mort de l’empereur Hirohito et du début du règne d’Akihito, l’empereur actuel. En prenant pour base le thème dressé pour cette date à 0 h, on constate les transits suivants pour le 14 juillet 2015 : Pluton sera en conjonction de la Lune en Capricorne, Mars en opposition et Saturne au semi-carré. C’est toutefois en avril et mai 2016 qu’il parviendra, d’abord par rétrogradation puis par marche directe, à la conjonction quasi exacte (à 0° 02’) du Soleil radical. Enfin, en juin 2016 Uranus parviendra à la conjonction de Mars en Bélier.

Le couple soli-lunaire étant situé près du Fond du Ciel, il est possible qu’un événement de grande ampleur entraîne une mutation profonde dans la société japonaise durant cette période, y compris un changement d’ère.

 

Transits du 14 juillet 2015 pour les États-Unis

Les États-Unis : les configurations du 14 juillet 2015 ont des effets encore plus marqués encore sur le thème de déclaration d’indépendance des États-Unis. Qu’on en juge plutôt :

–  Pluton se place, pour la première fois dans l’histoire américaine, à l’opposition exacte du Soleil radical et forme un carré exact à Saturne radical en Maison X, ces deux astres étant en carré dans le radix

–  Mars est très exactement sur le Soleil radical (orbe de 0° 0’ 29” !) et au carré de Saturne radical

–  Saturne est au sesqui-carré exact du Soleil et au carré de la Lune du radix.

Les aspects adverses de Pluton et de Saturne sur le Soleil radical des États-Unis font d’abord penser au fait que la nation peut être soudainement touchée au cœur (le Soleil) ou au sommet de l’État (Saturne en X), et plutôt par un événement d’ordre politique, criminel ou accidentel qu’économique, Uranus n’étant pas ici impliqué autrement que par son carré à Pluton. Signalons au passage que Saturne se trouvera précisément sur le Milieu du Ciel natal du président Obama, alors qu’il était en Maison XII et maître de cette dernière dans son thème natal. De plus, le même jour Mars sera opposé par transit à Saturne radical. Tout cela contribue à laisser entrevoir une situation critique, passablement lourde à assumer ou à maîtriser.

Pour conclure

New Horizons traversant l’espace en se dirigeant vers la planète qui, sous tous ses aspects, symbolise les ténèbres (depuis Pluton, notre Soleil ne peut être vu que comme une étoile à peine plus grosse que les autres), on est en droit de penser que les nouveaux horizons dont il s’agit risquent d’être sombres. Il était en effet illusoire de penser que les conséquences de la crise financière de 2008 ne seraient qu’économiques, alors que – on le voit aujourd’hui – elles ne pouvaient manquer d’être aussi sociales, politiques et morales, d’autant que les repères traditionnels ont depuis longtemps disparu des préoccupations de ceux qui sont en charge du pouvoir.

Mais c’est dans l’obscurité que s’accomplissent les mutations, c’est dans les ténèbres que s’effectuent les renversements, c’est de l’ombre que naît la lumière. Employons-nous à chasser la peur et éclairons nos consciences pour nous préparer à la grande lumière qui suivra la crise et baignera les temps nouveaux.

Article paru dans L’Astrologue n° 185 (janvier 2014)

L’avenir du monde dans les 10 ans


Rappel des principaux cycles

Les cycles des planètes lentes, de Jupiter à Pluton, illustrent les rythmes de l’histoire. Ces cycles peuvent être associés soit à des Etats, soit à des régimes politiques, soit aux grands événements qui marquent une période.

Le cycle Jupiter-Neptune (durée de 13 ans) est clairement lié à la République française : en conjonction lors de l’avènement de la Ière République, les deux astres sont en trigone d’eau pour la IIème, en sextile pour la IIIe et à nouveau en conjonction en Scorpion pour la Ve. Seule exception, la IVe République où la distance qui les sépare est de 24° 30’, mais, comme pour la Ière République, Jupiter se trouve toujours au début du Scorpion et Neptune à la fin de la Balance.

Il semble que ce soit le cycle Jupiter-Uranus (15 ans) qui préside au devenir de l’Europe en tant qu’institution. En effet, les deux astres sont reliés par trigone le 9 mai 1950, date de naissance officielle de l’Europe par référence à la fameuse déclaration de Robert Schuman au Sénat. Du reste, les principales dates de la construction européenne mettent en évidence ce lien : carré lors de la signature du premier traité européen (CECA, 18 avril 1951), large sextile lors du Traité de Rome (25 mars 1957), large sextile à nouveau pour la signature de l’Acte Unique (17 février 1986), enfin trigone pour le Traité de Maastricht (7 février 1992) encore en vigueur aujourd’hui.

Le cycle Saturne-Uranus (45 ans) est associé aux Etats-Unis : en trigone d’air lors de la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, on retrouve ces mêmes astres en conjonction lors de l’entrée en guerre des Etats-Unis (attaque de Pearl Harbour le 7 décembre 1941). De plus, ce cycle est lié à celui de l’économie libérale : Saturne et Uranus forment une opposition lors du krach du 15 septembre 2008 qui entraîna la chute de la banque Lehmann Brothers.

Le cycle Saturne-Neptune (36 ans) épouse l’histoire de l’Union soviétique, depuis leur conjonction lors de la Révolution d’octobre le 7 novembre 1917 jusqu’à celle du 9 novembre 1989, soit presque exactement 72 ans plus tard, qui coïncida avec la chute du Mur de Berlin.

Le cycle Saturne-Pluton (33 ans) a marqué la naissance de nouveaux Etats créés après la Seconde guerre mondiale, tels que l’Inde, le Pakistan, Israël et la Chine, tous détenteurs de l’arme atomique. Ce cycle est également associé aux événements susceptibles d’ébranler l’équilibre du monde, tels que l’attaque des Twin Towers à New York le 11 septembre 2001 : l’opposition Saturne-Pluton venait se superposer exactement sur l’axe de l’horizon du thème des Etats-Unis.

Le cycle Uranus-Pluton (120-140 ans) semble correspondre davantage aux révolutions qui marquent l’histoire d’un continent : la conjonction de 1848-1849 a coïncidé avec la Révolution romantique, qui s’est étendue depuis la France jusqu’à la Russie, tandis que le carré de 1931-1933 a marqué l’avènement de régimes totalitaires un peu partout dans le monde, suite à la crise économique de 1929. Enfin, les événements de Mai 1968 sont à relier à la dernière conjonction des deux astres.

Quant au cycle Uranus-Neptune (170 ans), il paraît accompagner les vastes mouvements qui redessinent la carte du monde et donnent naissance aux grandes puissances : celle de 1821-1822 a présidé au nouvel ordre européen né de la chute de l’Empire napoléonien, tandis que la dernière conjonction de 1992-1993 peut être aujourd’hui rapprochée de la mondialisation, un phénomène inédit autant qu’inéluctable qui abolit les distances et les frontières, démultiplie la communication entre les continents et donne lieu à la montée en puissance des nations émergentes (Chine, Inde, Brésil), autant qu’à la mise en place d’un nouvel ordre mondial – l’expression a été employée pour la première fois par le président George Bush lors de la guerre du Golfe en 1991.

Si l’on a pu attribuer à ces différents cycles une spécificité, il n’est pas rare que plusieurs d’entre eux se superposent, ou plus exactement que les temps forts de plusieurs cycles se déroulent simultanément. Ainsi, la conjonction Jupiter-Neptune, qui marquait la naissance de la République au sortir de la Révolution française, s’accompagnait-elle d’une opposition exacte Uranus-Pluton et d’une opposition Jupiter-Saturne, ce qui explique le retentissement considérable qu’eut l’événement dans le monde de l’époque. Il semble donc que plus les temps forts de ces cycles se superposent à une époque donnée, plus cette période s’avère déterminante sur le plan historique.

Des configurations semblables

L’exemple le plus éloquent à cet égard est donné par la configuration exceptionnelle des années 1930-1933. En effet, pas moins de 6 cycles superposent des dissonances majeures en signes cardinaux au cours de cette période : Jupiter opposition Saturne (1930-31), Jupiter carré Uranus (1930), Jupiter conjoint Pluton (1931), Saturne carré Uranus (1930-31), Saturne opposition Pluton (1931) et Uranus carré Pluton (1932-1934), sans compter un sesqui-carré Uranus-Neptune (1930-1933). Au plan astrologique, le point culminant de cette configuration (moins de 5° d’orbe pour l’ensemble des aspects) se situe autour du 15 juin 1931, comme le montre la figure ci-dessous, soit à mi-distance entre le krach boursier de novembre 1929 et l’arrivée de Hitler au pouvoir en janvier1933.

Comme on le sait, huit années plus tard éclatait la Seconde guerre mondiale : le 1er septembre 1939 à 5 h 45, Uranus était entré en Taureau, signe de sa chute, et formait un carré à Saturne, tandis que Neptune était dans son exil de la Vierge.

Il nous faut remonter jusqu’à 1794-1795 pour retrouver une configuration presque semblable, Saturne, Uranus et Pluton occupant chacun la fin de trois signes fixes, mais sans dissonance de Jupiter. Or il se trouve que les configurations actuelles reproduisent à peu près exactement le même schéma que celui des années 30, les mêmes planètes se retrouvant dans le même type de rapport de conjonction, d’opposition et de carré en signes cardinaux, dont on sait qu’ils sont les plus agissants : Jupiter opposition Saturne (2010-2011), Jupiter conjoint Uranus (2010-2011), Jupiter carré Pluton (2010-2011), Saturne opposition Uranus (2009-2010), Saturne carré Pluton (2009-2010), Uranus carré Pluton (2012-2015).

On ne peut qu’être frappé par la similitude existant entre la configuration de 1931 et celle de 2010 (cette dernière avec des orbes inférieurs à 3°), d’autant que la première est intervenue 19 mois après le krach de novembre 1929 et la seconde 23 mois après celui de septembre 2008. Si l’on se rapporte à la logique des événements des années 30, une période réellement préoccupante pourrait donc s’amorcer au début de 2012.

Les 10 prochaines années

L’année 2011 qui commence est marquée par deux configurations principales : l’entrée quasi simultanée de Jupiter et d’Uranus en Bélier, respectivement le 22 janvier et le 12 mars, suivie de l’opposition de Jupiter à Saturne le 28 mars. La première image qui vient à l’esprit est celle d’un réchauffement brutal, d’une brusque accélération/amplification des phénomènes en cours tant au plan politique qu’économique.

Comme prévu par la plupart des astrologues, la crise économique est loin d’être terminée et semble maintenant se concentrer sur l’Union européenne (UE). De fait, celle-ci risque fort d’être malmenée puisque, comme nous l’avons vu, elle semble régie par le cycle Jupiter-Uranus dont le renouvellement s’effectue début janvier 2011 à la fin du signe des Poissons (voir carte ci-dessus). Or, dès le mois de mars, Uranus formera un sesqui-carré à Pluton, maître de II (l’économie) dans le thème de l’UE, renouvelant ainsi un semi-carré radical, une configuration qui se reproduira en novembre-décembre 2011. Par ailleurs, Vénus, gouverneur du thème par l’Ascendant Balance, recevait un carré d’Uranus depuis le Cancer. Ce carré se trouvera donc réactivé lorsqu’Uranus transitera Vénus radicale entre juin 2011 et mars 2012, d’autant que dans le même temps Saturne transitera l’Ascendant de l’UE entre novembre 2011 et août 2012. L’ensemble peut donc faire craindre de graves dissensions au sein de l’Union et compromettre une unité déjà fragilisée, notamment en fin d’année 2011.

D’une manière plus générale, il semble que l’année 2011 soit marquée par une forme d’exaspération des tensions préalablement existantes. Au plan international, cela pourrait conduire à des conflits brefs mais violents et accentuer les déséquilibres économiques et politiques du monde, comme si les principaux dirigeants faisaient preuve de moins de retenue.

Les quatre années suivantes, de 2012 à 2015, sont les plus cruciales car de ce qui se jouera pendant cette période dépendra l’issue de la décennie et, d’une certaine façon, le devenir du monde. Elles correspondent bien sûr au carré Uranus-Pluton, qui s’effectuera à six reprises depuis 6° Bélier/Capricorne en septembre 2012 jusqu’à 15° de ces mêmes signes en mars 2015. Mais la chose la plus remarquable est que, durant cette période, Uranus et Pluton toucheront également par aspects dissonants les Soleils des deux super-puissances que sont les Etats-Unis et la Chine.

Ainsi, Pluton arrivera au carré du Soleil de la Chine de janvier à novembre 2012, tandis qu’Uranus lui enverra une opposition de mars 2012 à mai 2013, alors que dans le thème radical le Soleil était déjà en carré d’Uranus avec 2° 48’ d’orbe. Quant aux Etats-Unis, Pluton parviendra au carré du Soleil de mai 2014 à novembre 2015 et Uranus à l’opposition du même d’avril 2014 à février 2015. Notons aussi secondairement qu’il en sera de même pour le Royaume-Uni de janvier 2013 à février 2014 et pour la France (Ve République) de février 2014 à janvier 2015.

Si l’on se réfère aux années 30, le scénario pourrait être le suivant : soumise à des pressions économiques (hausse des matières premières, dévaluation du dollar alors que ses réserves sont constituées en grande partie de bons du Trésor américain, revendications des classes moyennes, etc.) et politiques (droits de l’homme, « zone d’influence », conflit coréen) de plus en plus fortes et complexes, la Chine pourrait être le théâtre d’une nouvelle révolution interne, comme ce fut le cas en 1966 lors de la conjonction Uranus-Pluton avec la Révolution culturelle ; ou bien, craignant de ne pas parvenir à maîtriser son évolution intérieure, elle pourrait se doter d’un régime nettement plus autoritaire qu’à l’heure actuelle.

En réponse, les Etats-Unis pourraient à nouveau se doter d’un régime ultraconservateur, comme ce fut le cas sous l’administration de George W. Bush, mais en évoluant cette fois vers une tendance beaucoup plus dure, voire agressive. Et il est probable qu’il en irait de même de quelques autres grandes puissances, la menace d’un danger majeur les conduisant à se soumettre à l’instinct de défense et de survie symbolisé par Pluton, dont nous avons vu dans notre précédent article (Actualités de Pluton) à quel point l’influence se fait déjà nettement sentir.

Il s’agit, certes, du pire scénario parmi d’autres possibles, mais force est malheureusement de reconnaître qu’il ne paraît pas incompatible avec certains indices actuels, tels par exemple que le désaccord persistant des deux super-puissances sur les questions environnementales pourtant pressantes, l’expansionnisme économique chinois en direction de l’Afrique et maintenant de certains pays d’Europe, ou encore le mouvement Tea Party aux Etats-Unis. Il s’agit du pire scénario car c’est celui qui mène, de la façon la plus probable, au conflit – c’est-à-dire, pour être tout à fait clair, au conflit mondial – avec les conséquences que l’on peut sans peine imaginer.

Un autre scénario consiste dans l’implosion, un peu partout dans le monde, des structures étatiques et économiques et leur remplacement progressif par un nouveau type de société mondialiste, basé sur une citoyenneté plus éclairée, participative et responsable, dans lequel les régions auraient une part prépondérante. Bien qu’un tel mouvement semble se dessiner dans ce sens, notamment grâce aux multiples réseaux qui relient de plus en plus entre eux les citoyens du monde, il faudrait pour cela que se produise une brusque accélération de la conscience globale, c’est-à-dire une prise de conscience de tous les peuples de l’urgence dans laquelle nous sommes de transformer de fond en comble un monde à bout de souffle. Le seul obstacle à cela est le temps, or, comme on l’aura compris, il en reste fort peu (lire à ce propos « La Vie sur Terre, Réflexions sur le peu d’avenir que contient le temps où nous sommes », Baudoin de Baudinat, Editions de l’Encyclopédie des nuisances). Il s’agit cependant de la seule hypothèse permettant le salut de l’homme par lui-même, comme on le verra plus loin.

Ce n’est pas en 2012, mais au tournant de la décennie que les risques de déflagration sont les plus grands. A partir d’avril 2019, Uranus entrera son signe de chute, le Taureau, tandis qu’un an plus tard, en mars 2020, se formera une triple conjonction de Jupiter, Saturne et Pluton à la fin du Capricorne. Celle-ci approchera alors du carré à Uranus en Taureau, en admettant un orbe de 12°, puis Saturne et Jupiter à sa suite formeront des carrés exacts entre mars 2020 et décembre 2021.

Il s’ajoute à cela l’indice cyclique, qui correspond à la somme des distances zodiacales entre planètes lentes, lequel atteint son point le plus bas du XXIe siècle précisément au détour des années 2019-2020. Et il en va de même de l’indice rythmique, calculé en fonction des phases croissantes et décroissantes des cycles des planètes lentes, qui présente une forte majorité de cycles décroissants au même moment.

Il va sans dire que cette période correspond à un tournant majeur de l’histoire, pour ne pas dire au tournant crucial de l’humanité, on comprend aisément en quoi. Mais seuls sont écrits par avance les mouvements des astres dans le ciel, et non le devenir de l’Homme dont celui-ci paraît se trouver plus que jamais entièrement responsable. Encore que, pour le croyant que je suis, ceci ne soit pas tout à fait certain…

La voie étroite

Parallèlement au schéma qui précède, une voie alternative se dessine depuis 2007 et se poursuit jusqu’en 2015, qui semble en mesure de se renforcer indépendamment des bouleversements en cours. Cette voie est symbolisée par la conjonction de Chiron à Neptune.
Chiron est une comète en voie d’extinction qui a été capturée par le système solaire à une époque indéterminée. Découverte le 1er novembre 1977, son orbite très elliptique se place entre celles de Saturne, symbole du monde ancien, et Uranus, symbole du monde moderne et contemporain. Qui plus est, en raison de son ellipticité, son orbite recoupe en alternance celles de Saturne et d’Uranus. Le symbolisme de Chiron parle de guérison (le centaure Chiron était guérisseur et enseignait aux héros la médecine, la musique et la chasse), de « porte étroite », de voie alternative entre tradition et progrès, entre sagesse et liberté. En référence à son glyphe, Chiron est associé à une clé, clé que l’on pourrait assimiler à la solution d’un problème insoluble.

La conjonction de Chiron à Neptune pendant près de 8 ans constitue en soi une configuration exceptionnelle : Chiron a une durée de révolution de 51 ans environ tandis que celle de Neptune est de 164 ans, soit plus du triple. Ce phénomène est encore lié à la forme de son orbite : Chiron se trouve actuellement près de son aphélie et paraît ralentir sa course dans le zodiaque pour rester à proximité de Neptune.

Autre phénomène remarquable : pendant tout le temps de sa conjonction à Chiron, Neptune ne participe en rien à l’enchevêtrement des 6 cycles en lien avec la crise actuelle et ne forme pratiquement aucun aspect aux quatre autres planètes lentes. Il semble au contraire poursuivre sa course de manière indépendante et sans dissonances notoires, du moins jusqu’en 2016.

Un dernier élément enfin : contrairement aux années 30, Neptune entrera provisoirement en avril 2011, puis pour 14 ans à partir de janvier 2012, dans son signe de domicile, les Poissons.

Ainsi la voie étroite dessinée par Chiron se mêlera-t-elle aux influx de Neptune dignifié. Voie étroite, mais ô combien porteuse d’espoir, qui nous invite à lâcher prise vis-à-vis des modèles d’aujourd’hui et à nous laisser éveiller à une forme nouvelle de spiritualité ; à garder l’essentiel, c’est-à-dire la foi, et à nous défaire du reste, de tout le reste. Associé aux Poissons et par conséquent à l’énergie christique, Neptune symbolise en effet la descente du sacré, la rédemption et le salut.

D’une ère à l’autre

Depuis la dernière conjonction Uranus-Neptune intervenue il y a moins de 20 ans, l’accélération de l’histoire liée à la mondialisation s’inscrit dans un temps très court. Cependant, ces changements s’inscrivent aussi dans une perspective beaucoup plus large, établie depuis des millénaires par différentes cultures de par le monde, en particulier en Inde, en Grèce et en Amérique précolombienne.
Nous quittons donc la perspective astrologique, dont les cycles s’étendent depuis un mois (cycle soli-lunaire) jusqu’à 5 siècles (cycle Neptune-Pluton), pour entrer dans la perspective cosmologique qui couvre des milliers, voire des dizaines de milliers d’années, tout comme on le ferait à l’aide d’un zoom arrière permettant de changer d’échelle de temps.

La théorie des ères, basée sur la précession des équinoxes (voir Signes du zodiaque et constellations), a été décrite par Hipparque de Nicée au IIème siècle av. J.-C., bien qu’elle fût probablement déjà connue en Inde. Comme on le sait, la précession des équinoxes est liée à l’inclinaison de l’axe de la Terre selon un angle de 23° 30’ et au déplacement circulaire de cet axe, ce qui donne à la Terre un mouvement de toupie. Sa vitesse de déplacement étant d’un degré tous les 72 ans, celui-ci accomplit sa rotation en 25 920 ans (72 x 360). C’est sur cette base que se fonde la Grande année, dite platonicienne, que l’on retrouve en Grèce et en Perse antiques et dont la durée était égale à la moitié d’un cycle complet, soit 12 960 ans. Une ère correspond au temps que met l’axe de la Terre pour parcourir 30°, soit environ 2 160 ans, équivalent au temps moyen nécessaire au point vernal pour traverser une constellation.

L’ère actuelle finissante des Poissons, commencée il y a 2 000 ans environ au temps du Christ, a été fortement marquée par les valeurs du christianisme qui correspondent au symbolisme du signe de même nom : péché, pardon, sacrifice, abandon, salut, rédemption, compassion, amour inconditionnel. Complémentaire de celui des Poissons, le symbolisme de la Vierge se rapporte bien évidemment à la Vierge Marie et au dogme de l’Immaculée Conception.

L’ère précédente du Bélier, de – 2000 à 0, a vu la naissance du monothéisme (le sacrifice du bélier par Abraham, les cornes de lumière de Moïse) et des grands empires (Grèce, Rome), de même que le développement de la métallurgie.

L’ère encore précédente du Taureau, de – 4 000 à – 2000, a correspondu au développement de l’agriculture, à la naissance des cités-états en Mésopotamie, de l’écriture et de l’astrologie, au culte du bœuf Apis et de la déesse mère.

Nous nous trouvons donc à la fin de la troisième ère depuis les débuts de notre civilisation, née il y a 6 000 ans environ aux confins du Tigre et de l’Euphrate. Mais, comme l’ont montré René Guénon dans « Formes traditionnelles et Cycles cosmiques » (Gallimard) et Michel de Socoa dans « Les grandes Conjonctions » (Editions Traditionnelles), ces trois ères sont regroupées par la tradition védantique en un âge de fer, ou kali yuga, qui constitue l’âge le plus bref d’un ensemble beaucoup plus vaste appelé manvantara, d’une durée de 64 800 ans.

Un manvantara se compose donc d’un âge d’or (25 920 ans, soit la durée d’un cycle précessionnel), d’un âge d’argent (19 440 ans), d’un âge d’airain (12 960 ans, soit la durée de la Grande année platonicienne) et d’un âge de fer (6 480 ans). Si l’on considère l’ensemble d’un manvantara, nous obtenons donc un rapport de 1 à 4 avec 4 pour l’âge d’or, 3 pour l’âge d’argent, 2 pour l’âge d’airain et 1 pour l’âge de fer, soit un total de 10. On retrouve du reste le même rapport entre les 4 âges dans la grande année platonicienne, bien que celle-ci soit de durée quatre fois moindre.

Quel que soit le modèle, la théorie des ères affirme donc que nous vivons la période extrême d’un cycle commencé bien avant les débuts de l’histoire, quelque part vers la fin du paléolithique moyen qui vit la disparition de l’homme de Neandertal.

L’ère à venir, dont nous sommes peut-être aux prémisses, est donc celle du Verseau, qui suit logiquement les Poissons dans l’ordre inverse du zodiaque dans le mouvement précessionnel. Puisque celle-ci doit logiquement inaugurer l’âge d’or d’un nouveau cycle, il nous faut réfléchir au symbolisme du Verseau pour tenter d’en percevoir la teneur. Le signe du Verseau est le signe de l’Homme, aussi peut-on penser aux valeurs humanistes et à la possible transcendance du genre humain vers une forme supérieure d’être (le surhomme de Satprem) qui découlerait d’un changement vibratoire. Ceci pourrait alors conduire à une société « horizontale » (le Verseau évoque un espace à deux dimensions) où le niveau de conscience serait le même pour tous.

Le signe du Verseau correspondant à l’espace, on peut aussi songer à l’homme dans l’espace, mais lequel ? Il a souvent été question du passage d’un cycle à l’autre qui s’accompagnerait d’un renversement des pôles, mais s’agit-il dans ce cas d’un basculement de la Terre sur son axe ou bien de l’inversion des pôles magnétiques ? René Guénon fait également référence à un arrêt du temps, c’est-à-dire au point du passage où passé, présent et avenir se confondent, ce qui pour nous, êtres incarnés, est proprement inconcevable.

En conclusion

Il existe un formidable paradoxe entre, d’une part, l’accumulation des facteurs de crise (financiers, économiques, politiques, climatiques, écologiques, démographiques, éthiques, religieux, spirituels) qui compromettent, à (très) court terme et pour la première fois de son histoire, l’avenir de l’humanité, et, d’autre part, la capacité virtuelle dans laquelle celle-ci se trouve d’apporter très rapidement une réponse globale, efficace et durable pour se sauver.

Sur un plan collectif, cette réponse reste possible aux conditions suivantes :
– accepter le fait que la crise globale est une réalité incontournable, qu’il y a nécessité absolue d’y faire face et de la résoudre, d’où une prise de conscience collective très rapide ;
– accepter que le modèle actuel, basé sur le matérialisme et ses conséquences, en particulier sur l’impérialisme économique et financier, soit rapidement abandonné et transformé ;
– accepter la réalité de l’homme comme unité indivisible du corps, de l’âme et de l’esprit ;
– accepter la nécessité d’une société mondiale, ce qui suppose la disparition des structures étatiques au profit d’organisations de type « horizontal », donc non hiérarchisées ;
– accepter la nécessité d’abandonner, ou pour le moins de relativiser les modèles religieux hérités du passé ;
– adopter les valeurs du Verseau pour aller dans le sens de l’évolution naturelle de l’humanité, en l’occurrence la seule possible.
Une seule question se pose donc : l’accélération du temps peut-elle s’appliquer à la conscience de l’humanité ?

Sur un plan individuel, il s’agit de toute façon de se préparer au passage d’une ère à l’autre, d’un monde à l’autre, et pour ce faire il me paraît souhaitable de :
– s’alléger autant que possible de ses biens, de ses croyances, de ses habitudes ;
– renoncer à restaurer le passé ou à construire l’avenir, mais être présent à l’instant ;
– favoriser l’élargissement de la conscience, en évitant en particulier les passions et la peur ;
– ne s’en remettre à aucun système, penser par soi-même, user de son libre arbitre ;
– intégrer les valeurs du Verseau – humanisme, « conscience en réseau » – et laisser la transcendance s’opérer.

Publié dans L’Astrologue n° 172

Actualité de Pluton


Pluton

Malgré la déchéance de Pluton du rang des planètes décidée en 2006 par une majorité d’astronomes réunie en congrès, celui-ci ne semble pas en être affecté le moins du monde, du moins pour les astrologues. Bien au contraire, sa marque est clairement perceptible dans l’évolution de la société contemporaine, mais sous des formes suffisamment différentes pour que le regard profane ne puisse y voir un lien. C’est du reste en cela que le regard astrologique permet de le reconnaître.

Les origines de la crise

La crise économique qui s’est déclarée en septembre 2008 lors de la première opposition Saturne-Uranus a pour origine une crise purement financière, sans lien avec l’économie réelle. Comme on le sait, des produits financiers « à risque », c’est-à-dire fondés sur des crédits douteux, ont été introduits sur le marché boursier à seule fin de faire exploser le bénéfice des banques et des établissements financiers. Bien évidemment, quand le remboursement de ces crédits a commencé à faire défaut, c’est le système financier tout entier qui s’est trouvé ébranlé car ces produits « sales », c’est-à-dire corrompus, étaient inextricablement mêlés aux autres.

La crise financière

De là a éclaté la crise économique dont on disait il y a encore un an qu’elle était la plus grave de tous les temps. Elle a en fait pour véritable origine le détournement du rôle des banques : au lieu de financer l’économie, celles-ci se sont orientées vers la recherche exclusive du profit maximal en un temps minimal, ce que l’on désigne pudiquement par « capitalisme financier ». Encouragé par la politique néo-libérale de la précédente administration américaine, ce détournement correspond à la fascination exercée par l’argent issu de la spéculation, en lieu et place de celui généré par le travail. S’agissant de l’argent symbolisé par le Scorpion et non par le Taureau, il se trouve de ce fait sous l’influence de Pluton (plutos signifie riche en grec ancien) et exerce sur ses détenteurs un pouvoir proportionnel à sa quantité.

Le pouvoir de l’argent

Ce phénomène d’enrichissement à grande échelle concerne tous les pays, riches et pauvres, et le nombre de milliardaires en dollars a fait un bond au cours des dix dernières années. Désormais, c’est la loi exclusive du profit qui s’exerce au sein des grandes entreprises, et non plus le développement de l’activité réelle et encore moins l’épanouissement des salariés. Pour preuve, les rachats permanents d’entreprises par leurs concurrentes en vue de la formation de vastes holdings, avec leur cortège de licenciements. Les richesses se trouvent ainsi concentrées aux mains d’une infime catégorie de personnes dans le monde, que l’on pourrait désigner par « oligarchie ploutocratique ». Et à cette accumulation de richesses « légales » il faut ajouter celles illégales générées par les mafias qui fleurissent un peu partout. Leur développement, notamment en Russie ou en Chine, est à la base d’une véritable économie parallèle fortement teintée des couleurs de Pluton puisque basée sur la drogue, la prostitution, le racket ou le trafic d’armes. On notera à ce propos qu’en Afghanistan l’argent tiré de la récolte du pavot est utilisé pour armer les groupes talibans et d’autres mouvements islamistes radicaux.

Le terrorisme

A l’évidence, ces derniers représentent aussi une expression contemporaine de Pluton : leur fanatisme aveugle, leur détermination sans faille, leur mode d’action marqué par le secret et l’autodestruction (les bombes humaines), leur caractère implacable, extraordinairement violent et sans considération pour l’humain, de même que la haine qu’ils professent pour ce qui ne leur est pas semblable et particulièrement pour l’Occident, tout cela ne laisse guère de doute quant à leur signature symbolique. Cependant, à bien y réfléchir, qu’il s’agisse du terrorisme islamique ou des dérives actuelles du capitalisme financier, il s’agit de deux branches, certes diamétralement opposées, des mêmes forces souterraines à l’œuvre.

L’islam

Si le christianisme relève de la symbolique des Poissons, la Tradition rapporte que l’islam procède de celui du Scorpion. Or, la présence de plus en nombreuse de la communauté musulmane en Europe occidentale, particulièrement en France et en Allemagne, suscite des inquiétudes au sein d’une partie de la population. Celles-ci sont entretenues par les différences de culture, les usages religieux, parfois par les difficultés ou les refus d’intégration et les revendications d’identité. Elles sont alimentées en outre par ce que rapportent les médias des activités des groupes terroristes islamistes (Al Qaida), mais aussi des innombrables conflits mettant aux prises les communautés musulmanes entre elles (chiites et sunnites), les communautés musulmanes et d’autres communautés (Inde, Liban, Asie du Sud-est), ainsi que des conflits ou des menaces de conflit impliquant des pays islamiques (Iran, Pakistan, Afghanistan, etc.), sans oublier le conflit israélo-palestinien. De ces peurs plus ou moins irrationnelles — ou plus ou moins justifiées, selon le point de vue duquel on se place — mais entretenues depuis longtemps, naît le sentiment d’une menace latente, du moins dans certaines régions et certains milieux. Or ce ressenti fait appel aux instincts les plus profondément enfouis qui ne se réveillent qu’en cas de danger réel ou supposé : l’instinct de défense et de survie dont on sait qu’il est symbolisé par le Scorpion.

L’extrême droite

De toute évidence, c’est ce qui explique en grande partie la montée lente mais apparemment inexorable de l’extrême droite en Europe. Celle-ci gagne du terrain non seulement dans les régions sensibles, mais encore dans des pays non spécialement concernés par l’immigration tels les Pays-bas, la Belgique ou les pays d’Europe orientale. Comme l’Histoire le montre, ces mouvements extrémistes participent bien évidemment aussi de la dynamique plutonienne, avec son cortège d’outrance, de violence, de manipulation et de haine. La démocratie est symbolisée par le signe du Cancer et par sa maîtresse, la Lune, symbole de l’inconscient collectif. Or, analogiquement à la chute de la Lune dans le Scorpion, l’inconscient collectif s’obscurcit quand il est durablement soumis à la peur et cède pour un temps sa place aux instincts chargés d’assurer la survie de la collectivité. C’est alors que la violence se déchaîne et que s’ensuivent les pires atrocités, comme c’est le cas dans la guerre civile.

La tentation sécuritaire

Certes, nous n’en sommes pas là et souhaitons de ne jamais y parvenir. Toutefois l’on constate ça et là de la part des politiques une tendance sécuritaire, un renforcement des contrôles, un durcissement des règles que l’on pourrait assimiler à la volonté d’élever le rempart de la Loi (Saturne) contre les forces pulsionnelles (Pluton). Au vu des moyens technologiques qui existent actuellement et qui sont susceptibles d’être orientés dans un but sécuritaire, il suffirait d’une situation exceptionnelle pour que la liberté individuelle ne soit plus qu’un souvenir. Tout ceci s’inscrivant, faut-il le rappeler, dans un contexte où Saturne est arrivé au carré de Pluton.

La manipulation des noyaux

On l’a vu pour l’argent, Pluton exerce son pouvoir sur ceux que le pouvoir fascine — l’anneau de pouvoir de la mythologie germanique, revisité par J.R. Tolkien dans Le Seigneur des anneaux. Après avoir trouvé la source d’énergie infinie dans le noyau des atomes, l’Homme va désormais chercher la source de vie dans le noyau des cellules avec les manipulations génétiques. Avant même qu’ils aient fait la preuve de leur innocuité pour l’homme, les OGM sont en passe d’être massivement introduits dans la nourriture humaine, après l’avoir été dans celle destinée aux animaux. Les variétés de bétail sont obtenues non plus par croisements, mais par manipulations génétiques en laboratoire. Le « génie génétique » promet pour demain l’éradication des maladies, le remplacement des organes défaillants, un allongement substantiel de l’espérance de vie… et pour bientôt la vie éternelle.

Pouvoir et fascination

Pluton a laissé l’Homme s’emparer du noyau dont il avait la garde, or c’est dans le noyau que réside la clé de la vie et de la toute-puissance. Mais si aujourd’hui les forces contenues dans le noyau lui appartiennent, l’Homme ne semble pas conscient de la fascination que ces forces exercent sur lui. Par ailleurs, on dirait même que les décideurs usent à leur tour de ce pouvoir de fascination et n’hésitent plus à en multiplier les sources afin de satisfaire aux instincts d’une bonne partie de la population, probablement afin de mieux la contrôler : pornographie, violence et jeux d’argent sont aujourd’hui aisément accessibles via la télévision et Internet.

L’épuisement des ressources énergétiques

Des richesses souterraines détenues par Pluton depuis la formation de la Terre, il ne reste qu’une partie, moins de la moitié en ce qui concerne le pétrole et à peine plus en ce qui concerne le gaz, les principales sources d’énergie avec le nucléaire. Quelques décennies auront donc suffi à extraire les ressources du monde souterrain, mais qu’adviendra-t-il lorsque, dans une trentaine d’années, celles-ci seront en voie d’épuisement ? A moins que les énergies alternatives ne se développent considérablement et ne parviennent à prendre le relais, il existe un risque majeur pour que survienne une lutte sans merci entre les principaux pays industriels pour l’utilisation des ressources restantes. La Chine, pays le plus peuplé de la planète et aujourd’hui deuxième puissance industrielle au monde, ne peut en effet se permettre une récession sans provoquer de graves désordres intérieurs et mettre en péril son régime. C’est du reste ce qu’a clairement démontré l’échec de la Conférence de Copenhague en 2010.

La destruction de l’environnement

Venons-en enfin aux deux points les plus saillants et probablement les plus caractéristiques de la marque de Pluton sur notre époque. Le premier concerne la dégradation accélérée et probablement irréversible de notre environnement, conséquence directe de l’industrialisation à outrance et de l’augmentation exponentielle de la population mondiale, laquelle a doublé en moins d’un demi-siècle. Pluton a donc déjà largement commencé son œuvre de corruption en submergeant progressivement la Terre des déchets produits par les hommes et en faisant disparaître un nombre croissant d’espèces végétales et animales. Il apparaît donc ici en tant que « justicier immanent », qui manifeste ses effets en tant que conséquences souvent imprévisibles mais toujours irrémédiables des actes accomplis.

La prolifération nucléaire

Le second point n’est pas moins inquiétant et nous ramène à la découverte majeure de l’époque de la découverte de Pluton : l’énergie atomique. Depuis la fin de la Guerre froide et de « l’équilibre de la terreur », de nouveaux pays se sont dotés de l’arme nucléaire ou sont sur le point de le faire : l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, l’Iran. La prolifération nucléaire représente de fait le plus grand des dangers car elle rend caduc le consensus auquel étaient parvenues les grandes puissances. Depuis le passage de Pluton dans son domicile du Scorpion, le contrôle de l’arme atomique par ces mêmes grandes puissances devient de plus en plus problématique et la doctrine de la dissuasion ne s’applique plus de la même façon. Parmi les pays en cause, le régime pakistanais est affaibli par la corruption de son administration et entretient des rapports ambigus avec les extrémistes talibans, la Corée du Nord est sous le joug d’une dictature totalitaire et l’Iran sous celui d’un gouvernement religieux intégriste. Cette situation montre qu’il est vain de croire que les pouvoirs de Pluton peuvent rester indéfiniment sous contrôle. Et s’ils le sont un temps, c’est que ce temps est mis à profit pour créer dans l’invisible les conditions qui leur permettront d’échapper à leurs illusoires détenteurs.

La déstructuration de la société

La disparité exponentielle de l’échelle des revenus, la défiance grandissante envers les gouvernants, le démantèlement progressif des services publics, les menaces sourdes liées au communautarisme et à la peur de l’étranger, et plus généralement l’absence de visibilité concernant l’avenir, notamment pour les jeunes générations, tous ces facteurs correspondent au travail de sape, caractéristique de l’énergie plutonienne, qui affecte en profondeur les fondements sur lesquels reposent nos sociétés, distillant insidieusement incertitude et perte des repères. Même si ce phénomène est en œuvre depuis quelques temps déjà, l’entrée de Pluton en Capricorne en 2008 ne fait que le rendre plus manifeste et en accélérer le cours.

Conclusion

Ce survol de tendances que je considère comme propres à notre époque n’est en rien exhaustif, pas plus qu’il ne prétend amener d’informations nouvelles ; sans doute reflète-t-il également ma propre subjectivité. Son but est d’inviter à une réflexion basée sur les symboles que nous offre notre science et nulle autre. Par ailleurs, il est évident que les effets des trans-saturniennes sont étroitement intriqués et donnent lieu à des phénomènes complexes, tel par exemple l’ultralibéralisme économique (Uranus) conduisant au capitalisme financier (Pluton), la liberté liée à l’usage des véhicules individuels (Uranus) associée à l’impact des rejets sur l’effet de serre (Neptune), ou encore les marées noires impliquant à la fois le pétrole (Pluton) et l’océan (Neptune).

Il semble que s’opère un double mouvement : un mouvement ascendant inspiré par Uranus, par lequel l’homme conquiert la liberté, l’espace, l’universalité et frôle sa propre transcendance, et un mouvement descendant inspiré par Pluton, par lequel il conquiert la toute-puissance sur le monde ainsi que, potentiellement, les clés de sa propre transformation. Ces deux mouvements sont évidemment liés puisqu’Uranus est exalté en Scorpion : le dépassement de la condition humaine semble devoir passer par la chute dans le monde d’en bas, celui régi par Pluton.

Dans l’article suivant, L’avenir du monde dans les 10 ans, nous traiterons à nouveau des planètes trans-saturniennes, cette fois dans une perspective dynamique en les replaçant dans le cours de leurs cycles respectifs, ce qui nous amènera à proposer un schéma prévisionnel pour les années à venir et à formuler quelques hypothèses.

Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

Suite dans L’Avenir du monde dans les 10 ans.

 

Actualité de Neptune


Neptune

L’influence de Neptune

Si l’on considère la disparition des régimes communistes il y a une vingtaine d’années et le triomphe du libéralisme (de nature uranienne) qui s’en est suivi, ou encore le déclin de l’Eglise avec le schisme croissant entre doctrine catholique et réalité contemporaine, la crise des vocations ou les scandales qui la secouent, il semble à première vue que l’influence de Neptune soit en déclin au profit des deux autres trans-saturniennes. Cependant, on peut relever trois points essentiels dont on sait qu’ils correspondent aux enjeux majeurs des prochaines décennies et qui sont étroitement liés à la dialectique neptunienne.

Les migrations

Le premier point concerne la paupérisation croissante d’une partie du monde, en particulier dans les pays du sud, au profit des pays riches perçus par de nombreuses populations comme un refuge salutaire. Ainsi se forment des flux migratoires de plus en plus importants, motivés par l’absence de perspectives économiques et sociales et, de plus en plus souvent, par la transformation des conditions de vie dues au changement climatique. A l’instar de ce qui se produisit à l’époque de la découverte de Neptune au début de l’ère industrielle, mais cette fois sur le plan mondial, c’est bien souvent la misère, le chômage et l’exclusion qui attendent les nouveaux arrivants quand ils parviennent à s’établir dans un pays riche.

Le pillage des océans

Le second point évoque le monde de Neptune à proprement parler avec la raréfaction et à vrai dire la disparition programmée des poissons des océans en raison des ravages provoqués par la pêche industrielle que les pays avancés ne parviennent pas à réguler. On a peine à imaginer le monde vidé de ses premiers occupants, mais peut-être est-ce ainsi que doit s’achever l’ère des Poissons… Dans le même ordre d’idée se pose le problème de la raréfaction de l’eau douce, l’autre domaine réservé de Neptune. On sait maintenant que les causes en sont multiples, entre autres la contamination des terres agricoles par les nitrates et les pesticides, les modifications du climat et l’augmentation exponentielle de la population. Comment vivre sans eau, puisque l’eau est indispensable à la vie ?

Le changement climatique

Le troisième point est lié au précédent : le changement climatique lui-même, qui ne cesse de s’accentuer et de devenir nettement perceptible d’un bout à l’autre de la planète. Il ne se passe plus de saison où l’on n’annonce un record de température, conséquence directe du réchauffement climatique, lui-même lié au dégagement massif de gaz carbonique dans l’atmosphère. A l’origine du phénomène, l’agriculture intensive, l’industrialisation massive, la multiplication des véhicules à moteur, en un mot les fruits de la croissance non maîtrisée. On assiste ainsi à la mise en place rapide d’un processus apparemment difficilement réversible, au point que l’augmentation de la température globale est aujourd’hui considérée comme acquise. Dès lors, les catastrophes liées au déséquilibre climatique se succèdent anormalement : canicules, sécheresses et incendies, de même que tempêtes, cyclones, inondations, glissements de terrain dus aux pluies diluviennes, aux crues des fleuves et à la fonte des glaciers, sans parler du recul des banquises qui entraîne la montée des océans. Certes ces phénomènes ne sont pas tous nouveaux, mais ce sont leur fréquence de plus en rapprochée et leur intensité croissante qui sont inédites. Contrairement aux propos irresponsables des négationnistes, ils sont bien la conséquence de l’activité humaine et non des cycles naturels, comme on a voulu un temps le faire accroire. La course à la croissance semble donc avoir réveillé Neptune et celui-ci vient rappeler que, conformément à la dialectique des Poissons, il régit les événements sur lesquels l’homme n’a pas de prise.

Du reste, il semble que les pouvoirs politiques ne soient pas encore prêts à prendre les décisions qui s’imposent et leur impéritie ne fait que rendre plus certaines encore les conséquences du changement climatique, comme l’a montré la Conférence de Copenhague qui s’est tenue du 7 au 19 décembre 2009. Le thème dressé pour l’ouverture de la Conférence est éloquent : la conjonction de Neptune à Jupiter, maître de l’Ascendant Sagittaire, pouvait laisser présager une volonté d’apporter des solutions, mais c’était sans compter la présence de Pluton en Capricorne intercepté en 1ère maison, maître du MC, conjoint à Mercure (les négociations) et surtout au carré de son maître, Saturne. De cette configuration on peut déduire la conclusion suivante : les intérêts économiques et politiques à court terme des grandes puissances ne doivent pas être compromis.

Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

Suite dans Actualité de Pluton.

Actualité d'Uranus


Uranus

L’information instantanée
Un des traits caractéristiques de notre époque est l’instantanéité de l’information : quel que soit le lieu où un événement se produit, tout ou partie du monde s’en trouve aussitôt averti, que ce soit par les médias, le réseau mondial (Internet) ou les outils individuels de communication (téléphone portable et courrier électronique). Le temps n’intervient donc plus dans la transmission des informations, ce qui a pour effet d’en multiplier le nombre tout en les mettant sur le même plan : un fait chasse l’autre dans nos mémoires, empêchant le recul, la hiérarchisation, la réflexion — autant de valeurs de Saturne. Ainsi le temps disparaît-il progressivement au profit de l’espace, comme le montrent les temps de voyage de plus en plus courts rendus possibles par l’avion et le train à grande vitesse. La conséquence en est que le trafic aérien devient de plus en plus dense, parfois jusqu’à saturation, et que le ciel est zébré en permanence par les trajectoires des avions. De même, la ronde des satellites s’intensifie avec pour buts l’exploration de l’espace (sondes) et la quête des origines de l’Univers (Hubble), le renforcement des réseaux de télécommunications, mais aussi l’observation de plus en serrée et précise de ce qui se passe sur la Terre (Google Earth). Notre planète se couvre de réseaux toujours plus nombreux, plus denses, plus complexes, plus étendus, qui, bien qu’invisibles, semblent nous couper de plus en plus du Ciel.
L’informatique
Mais c’est surtout l’informatique qui constitue la transformation la plus radicale de notre mode de vie. Issue de l’électronique et réservée d’abord aux administrations et aux grandes entreprises, elle a pris en une trentaine d’années une place centrale dans notre vie quotidienne professionnelle et privée, au point que son usage nous est devenu indispensable et que le temps paraît lointain où elle n’y était pas encore entrée. L’informatique procède d’un nouveau plan de réalité qui n’est ni matériel, ni abstrait. Appelée virtuelle, cette réalité dépend exclusivement de la source d’énergie symbolisée par Uranus : l’électricité.
L’individualisme
La place prise par la machine, et plus généralement par le progrès technologique, dans notre rapport aux autres et au monde, contribue très certainement au renforcement de la tendance uranienne caractéristique sur le plan humain, à savoir l’individualisme. Doté d’une espérance de vie plus longue, jouissant d’une liberté plus grande, du moins en apparence, sollicité par des possibilités plus étendues, l’individu cherche naturellement à développer ses potentialités et à s’affirmer davantage. Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que cette évolution conduit à un paradoxe : plus l’individu est libre et plus il est séparé des autres, autrement dit plus il est isolé. Mais pour les astrologues le paradoxe n’est qu’apparent : quelle que soit la place prise par Uranus, la nature du Verseau reste consubstantielle de celle de Saturne.
Les réseaux
Une autre réflexion à propos de l’empreinte d’Uranus concerne la notion de « réseau » évoquée plus haut. Celle-ci paraît correspondre à une nouvelle forme de relation entre les individus, aujourd’hui en plein essor : le rapprochement par affinités électives (sites de rencontre) et la constitution de réseaux sociaux (Facebook) autour de thèmes de prédilection. On se choisit non plus en fonction de la proximité géographique ou de la classe sociale, mais de la convergence d’intérêts individuels, du partage d’une passion, d’un idéal ou d’un projet. Issue d’Internet, le « réseau des réseaux », cette tendance donne lieu dans le monde entier à une « communauté de réseaux » qui tend à placer les individus sur un même plan, celui de leurs intérêts partagés. De même au niveau social, la constitution de ce que l’on nomme un « réseau personnel » représente plus que jamais le chemin incontournable qui mène à la réussite. La même tendance se retrouve enfin dans le domaine professionnel : c’est aujourd’hui le travail en équipe, autour d’un projet défini, au sein d’une structure légère et avec le minimum de rapports hiérarchiques, qui semble correspondre à la formule la plus épanouissante et la plus porteuse d’avenir pour les individus.
L’humanitaire
Dans le même esprit, mais sur un autre plan, les actions humanitaires se développent partout dans le monde, du moins là où elles sont autorisées. Regroupées au sein d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) et d’associations de toute taille, elles ont pour mission l’aide au développement et à l’éducation dans les régions défavorisées, l’aide sanitaire et alimentaire, la protection de l’enfance, le respect des droits de l’homme, le secours aux réfugiés et aux minorités menacées, etc. Animées par des valeurs humanistes et altruistes, elles travaillent sans recherche de profit — nombre d’humanitaires sont bénévoles — à la réduction des inégalités et contribuent de ce fait, autant que faire se peut, à mettre l’humanité sur un même plan. Enfin, les principales d’entre elles sont internationales. On retrouve du reste le même mouvement animé des mêmes buts aux échelles nationales et locales avec le développement de la vie associative et des réseaux d’entraide. Cette mouvance globale et l’esprit qui l’anime, même s’il se teinte parfois d’utopie, représente sans doute l’expression la plus avancée et prometteuse des valeurs du Verseau, d’Uranus et de la 11e maison.
Qu’il s’agisse donc de l’accélération du temps, de la place croissante de la machine, de l’occupation de l’espace terrestre et aérien, du renforcement de l’individualisme, de la multiplication des réseaux comme du développement du mouvement humanitaire, on assiste bien à une « uranisation » du monde, autrement dit à une intensification croissante de l’énergie globale dans un espace-temps de plus en plus restreint. Ce constat mène tout naturellement à une interrogation : l’Ere du Verseau aurait-elle déjà commencé ?
Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

Temps nouveaux, planètes nouvelles


Les historiens s’accordent pour nommer « période contemporaine » celle qui s’étend de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. L’astrologie confirme cette division de l’Histoire puisque les planètes situées au-delà de Saturne ont été découvertes dans l’intervalle : Uranus en 1781, Neptune en 1846 et Pluton en 1930. A l’entrée sur la scène cosmologique de chacune des trois planètes correspond le déclenchement d’une révolution dont les conséquences ont eu, à plus ou moins longue échéance, un retentissement mondial : pour Uranus, l’indépendance des Etats-Unis et la Révolution française ; pour Neptune, la naissance du communisme et la Révolution romantique ; pour Pluton, la Révolution national-socialiste et la Seconde guerre mondiale. Cependant, pour les astrologues, les découvertes des planètes trans-saturniennes ne correspondent pas seulement à des événements, mais aussi à des transformations profondes de la société liées au progrès technique, économique et social.

Ainsi, à la découverte d’Uranus correspondent nombre de faits remarquables relevant rigoureusement du symbolisme du signe régi par cette planète. Citons, parmi tant d’autres, la Déclaration des droits de l’homme, qui affirme le principe d’égalité entre tous les citoyens et rejoint la notion d’ordre horizontal propre au Verseau, par opposition à l’ordre vertical signifié par le Capricorne ; la devise républicaine, dont chacun des trois termes constitue un mot clé de la dialectique uranienne ; sur le plan scientifique, la première ascension en ballon : pour la première fois l’homme s’élève dans le ciel, le monde d’Uranus, en s’affranchissant de la pesanteur propre à Saturne. Dès lors se dessineront les grands traits qui caractérisent l’époque contemporaine : accélération progressive du temps et suprématie de l’humain — le Verseau est le signe de l’Homme — aux dépens du divin, qui relève du Lion, avec pour corollaire l’émergence de l’individualisme et l’affirmation du libre arbitre.

Avec la découverte de Neptune apparaît un faisceau de tendances très différentes et à certains égards opposées. L’astrologie attribue naturellement à la planète la maîtrise des Poissons, signe opposé à la Vierge, et l’on assiste dès lors à la disparition progressive des limites. Limites géographiques avec l’exploration des océans lointains (Pacifique, Indien) et de l’intérieur des continents (Afrique, Amérique du Sud, Australie, Sibérie), qui donneront lieu à la conquête d’empires coloniaux. Conformément à la dialectique neptunienne, l’immensité de ces empires est à rapprocher de leur caractère éphémère, puisqu’en moins d’un siècle ces territoires, dans leur grande majorité, ont acquis leur indépendance. Effacement des limites psychiques aussi avec l’usage des narcotiques pour soulager la douleur (première anesthésie générale en 1847), comme pour favoriser l’inspiration (le haschich cher à Baudelaire et à Théophile Gauthier) ou l’évasion (l’opium). Effacement des limites religieuses enfin, avec le triomphe du christianisme sur la majeure partie du monde, et spirituelles, avec la vague de mysticisme qui caractérisa la seconde moitié du XIXe siècle : ferveur mariale (dialectique Vierge/Poissons), apparitions, miracles, spiritisme.

L’exploitation de l’énergie de la vapeur (Neptune symbolise les vapeurs, les brouillards, ce qui recouvre d’un voile la réalité) contribua au rapide développement de l’industrie, avec pour conséquence l’exode massif des paysans vers les villes et les conditions misérables dans lesquelles vécut la nouvelle classe sociale qui en résulta, le prolétariat. Rien d’étonnant donc à ce qu’une nouvelle doctrine philosophique et politique voie le jour au cours de cette période, le communisme, dont on sait aujourd’hui à quel point elle relève d’une vaste illusion.

Quant à Pluton, la plus petite, la plus lointaine et la plus mystérieuse des planètes — la seule à ne pas avoir encore été photographiée par une sonde spatiale —, elle est certainement celle dont les manifestations sont les plus profondes, les plus insidieuses et de fait les plus agissantes. Elle symbolise le processus de transformation, à savoir la corruption d’une forme existante en vue de sa désintégration, suivie de l’émergence d’une forme nouvelle. Pour ce faire, il induit des tendances extrêmes dans une situation donnée, favorisant ainsi un processus de renversement irréversible qui donnera lieu à la destruction d’un état et à l’avènement du chaos ; c’est de ce chaos qu’émergera par la suite une réalité entièrement différente. A l’évidence maître du Scorpion, Pluton agit de façon masquée, invisible, imperceptible, et lorsqu’apparaissent enfin ses effets, il est souvent trop tard pour en détourner ou même freiner le cours.

Dieu du monde souterrain, Pluton régit les richesses enfouies sous la surface de la terre, en particulier le gaz et surtout le pétrole, et c’est à l’époque de sa découverte que s’en est intensifiée l’exploitation. Il est le détenteur de l’énergie la plus puissante sous la forme la plus réduite, celle contenue dans le noyau de l’atome. Or, c’est en 1938 que fut réalisée la première fission artificielle de l’uranium, faisant par là même entrer l’humanité dans l’âge nucléaire.

Le 24 octobre 1929, le fameux « Jeudi noir », survenait à New York un krach boursier sans précédent, premier acte d’une crise économique qui allait ruiner des millions de gens et en mettre davantage encore au chômage. Ce jour-là, à 9 h 30, heure de l’ouverture de la bourse de Wall Street, le Soleil venait d’entrer en Scorpion tandis que la Lune était à la conjonction de Pluton en Cancer dans la 8e maison.

Dès lors apparaissaient au grand jour et dans le monde entier les forces des ténèbres sous forme de dictatures totalitaires, particulièrement en Europe et en Russie, mais également en Extrême-Orient et en Amérique du Sud. La plus exemplaire fut, comme on le sait, celle qui advint en Allemagne. Il n’aura fallu que trois ans pour que ce pays, rendu exsangue par le Traité de Versailles et dévasté par la crise économique, se dote d’un régime de type nouveau, s’appuyant autant sur la terreur que sur une idéologie implacable et criminelle. Cependant, pour ceux qui surent les voir à temps, nombre de signes ne laissaient guère planer de doute sur les intentions de ses dirigeants, à commencer par le drapeau, dont les couleurs sont celles du Scorpion, l’uniforme noir des SS arborant une tête de mort ou le discours de haine raciste et antisémite. Le 30 janvier 1933, soit 40 jours avant que le carré entre Uranus et Pluton ne devienne exact, Hitler devenait chancelier du Reich.

Sur le plan collectif, c’est au mélange de fascination et de peur que l’on reconnaît la marque de Pluton, de même qu’à sa capacité à endormir les craintes lorsque celles-ci s’éveillent. Six ans après la prise du pouvoir par les nazis commençait la Seconde guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de tous les temps, avec pour corollaire la Shoah et l’utilisation de l’arme atomique.

Afin de mieux comprendre les enjeux de la période actuelle,  nous allons étudier dans les trois articles qui suivent les aspects contemporains des trois planètes trans-saturniennes dont nous avons rappelé le sens en fonction de leur époque de découverte. En effet, leurs influences n’ont cessé de croître et de se mêler de plus en plus étroitement à notre quotidien, au point que les valeurs du monde ancien semblent s’éloigner de plus en plus vite. A cela on reconnaît la marque d’Uranus, dont le dessein est de promouvoir un monde nouveau affranchi des lois de Saturne, en particulier celles du temps et de la verticalité.

Voir Actualité d’Uranus, Actualité de Neptune, Actualité de Pluton.