Astroportraits d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen


Parvenus à la veille du second tour des élections présidentielles, nous assistons au déroulement d’un scénario inédit et, à vrai dire, aussi déroutant que profondément inquiétant. Cela tient d’une part à l’élimination au premier tour des candidats issus de partis de gouvernement, une configuration qui ne s’était jamais produite depuis la proclamation de la Ve République il y a presque 60 ans, et d’autre part au contexte mondial qui ne cesse de se tendre depuis 5 ans avec l’embrasement du Moyen-Orient, l’intensification du terrorisme et l’avènement ou le maintien au pouvoir de dirigeants autoritaires (Europe de l’Est, Turquie, États-Unis, Russie). Astrologiquement, il s’agit des conséquences directes du carré qui s’était formé entre Uranus et Pluton de 2012 à 2015 et qui correspondent globalement à l’extension et à l’accélération (Uranus) des processus de transformation (Pluton) en œuvre dans la société désormais mondialisée. C’est dans ce contexte particulier qu’on peut chercher à mieux connaître les personnalités des deux candidats restés en lice.

Emmanuel Macron

En Marche !

Rien d’étonnant à ce qu’Emmanuel Macron ait appelé son mouvement « En Marche ! » : avec le Soleil sur le dernier degré du Sagittaire, il incarne la dynamique ambitieuse et conquérante de ce signe, traditionnellement associé au désir d’expansion, d’aventure et d’honneurs. Quand on sait qu’il est régi par la planète Jupiter, on ne s’étonnera pas davantage qu’Emmanuel Macron souhaite que la France se dote d’un chef de l’Etat « jupitérien »[1]. Mais l’est-il vraiment ? L’opposition de Jupiter au Soleil montre que tel n’est pas tout à fait le cas : cet aspect montre plutôt une tendance à surestimer ses capacités ou à faire dans la démesure, d’autant qu’Emmanuel Macron n’est pas encore parvenu à la maturité, l’âge jupitérien par excellence qui selon la Tradition commence à 42 ans.

On remarquera par contre le rôle dominant de Mercure, situé sur le même degré que le Soleil : celui-ci symbolise la jeunesse, l’enthousiasme, la profusion des idées… et une extraordinaire capacité à s’adapter aux opinions autant qu’aux circonstances. Pierre Joxe ne s’y est du reste pas trompé en disant[2] qu’Emmanuel Macron « serait plutôt un président hermétique » (Hermès est l’équivalent grec de Mercure). La présence du Soleil et de Mercure, mais aussi de Vénus et de Neptune en XIe maison montre sa capacité à rassembler autour de lui quantité de soutiens, tant en France qu’à l’étranger (influence du Sagittaire), grâce à un réel charisme (Vénus et Neptune) et des qualités de communicant (Mercure).

Un « jeune vieux »

On a dit d’Emmanuel Macron qu’il était un « jeune vieux ». Sans doute faut-il voir là l’influence conjuguée de Mercure et de Saturne, l’astre de la vieillesse qui régit l’Ascendant placé en fin du Capricorne. C’est aux vertus de ce signe qu’Emmanuel Macron doit ses remarquables dons intellectuels, sa capacité de concentration et d’abstraction (trigone de Saturne à Mercure), comme en témoignent ses études de philosophie, l’influence structurante de femmes plus âgées (sa grand-mère, son épouse), de même que sa forte ambition et son goût du pouvoir (trigone de Saturne au Soleil). Quant au Verseau qui influence également la personnalité, il illustre sa volonté de s’affranchir du père – en l’occurrence François Hollande – et de bousculer l’ordre établi (semi-carré Soleil-Uranus), comme il l’a montré en quittant le gouvernement et en lançant son propre mouvement au-delà de l’équilibre droite-gauche qui prévalait jusque-là.

Projet et exercice du pouvoir

Ce qui frappe d’emblée dans la carte du ciel d’Emmanuel Macron, c’est que le Soleil en Sagittaire et les 3 astres qui l’accompagnent se trouvent en XIe maison, dont a vu qu’elle correspondait aux soutiens, mais qui symbolise également les projets – étymologiquement ce qu’on jette devant soi dans l’attente d’une réalisation. « Parce que c’est notre projet ! » a lancé Emmanuel Macron galvanisé en clôturant son discours du 10 décembre 2016. On remarque toutefois que la première planète à occuper la maison XI est Neptune, l’astre qui rend les réalisations très hypothétiques et qui souvent est associé aux désillusions (comme François Fillon en a fait l’amère expérience au 1er tour).

Qu’indique donc le Milieu du Ciel, point culminant du thème astral correspondant à l’exercice réel du pouvoir ? Celui-ci est situé en Scorpion, ce qui laisse présager que cet exercice ne se fera sans beaucoup de difficultés et de remises en question, comme le confirme le carré de Saturne. Ces difficultés risquent en effet de trouver leur origine d’abord sur le plan social : la Lune, symbole du peuple, ne reçoit que des aspects violents, notamment le carré de Mars associé aux conflits et l’opposition d’Uranus associée à la révolte, sans parler des sesqui-carrés au Soleil et à Mercure qui évoquent une divergence grandissante d’avec le peuple ; sur le plan international ensuite, où les aspects violents d’Uranus en IXe maison font planer la menace d’une brusque intensification des tensions. Enfin, le semi-carré entre Saturne, maître de l’Ascendant Capricorne, et Pluton, maître du Milieu du Ciel, montre un fort risque de déstabilisation du pouvoir à l’occasion d’une crise grave et généralisée.

La question essentielle est donc de savoir si Emmanuel Macron, malgré son jeune âge et sa faible expérience politique, est capable de résister à de telles épreuves et de maintenir le cap de la nation dans la tourmente. Même s’il est probable que le projet qu’il porte sera profondément remis en question du fait des circonstances, il dispose d’une intelligence, d’une souplesse et d’une réactivité qui devraient lui permettre de négocier les écueils les plus redoutables. Il est par ailleurs capable d’apprendre rapidement la leçon des événements et d’acquérir une maturité qui lui fait encore défaut car, comme le montrent le trigone de Saturne au Soleil et peut-être plus encore le sextile de Jupiter à Saturne, il dispose d’une colonne vertébrale solide, d’un axe intérieur que la rigueur des événements ne devrait que renforcer.

Emmanuel Macron, 21 décembre 1977, 10 h 40, Amiens


Marine Le Pen

Force et ambition

Avec le Soleil en Lion dans le secteur du pouvoir (maison X), le thème de Marine Le Pen dégage une grande force, une ambition pleinement assumée doublée d’une volonté de régner sans partage, comme elle en donne la preuve au sein de son propre parti, non sans avoir au préalable « tué le père » (semi-carré du Soleil à Uranus, comme chez Emmanuel Macron). L’Ascendant dans la Balance montre un réel sens politique, voire un sens de l’Etat, à l’instar de de Gaulle, Giscard d’Estaing ou Mitterrand. La présence de Vénus en Lion symbolise le désir de séduire et de se mettre en scène, tout en cherchant à imposer une image de droiture et de rigueur (trigone de Vénus à Saturne en Bélier). Enfin, la conjonction de Mercure au Soleil confirme d’indéniables talents de tribun.

On note cependant que tous ces astres se trouvent en signes masculins (Lion, Balance, Bélier) et mettent de fait en évidence la polarité masculine de son tempérament. Quant à la polarité féminine, celle-ci est surtout symbolisée par la Lune en Capricorne, qui montre une affectivité étroitement contrôlée  ne permettant que rarement l’expression des émotions. C’est toutefois cette même configuration (Lune en IIIe maison) qui lui vaut d’adresser au peuple un discours ferme et rassurant (trigones de Saturne et de Jupiter à la Lune).

Ombre et violence

Si cette première approche indique d’indéniables affinités avec la fonction suprême, elle se trouve fortement contredite par la présence de deux autres astres dont l’influence est déterminante en raison de leurs positions respectives à proximité d’un angle du ciel. Il s’agit de Mars et de Saturne, planètes traditionnellement « maléfiques » lorsqu’elles œuvrent ensemble et qui révèlent ici la part d’ombre du thème de Marine Le Pen. En effet, le caractère maléfique des deux astres se trouve considérablement renforcé car l’un et l’autre se situent dans des signes qui pervertissent leur influence : Mars en Cancer signe la violence au sein de la famille ou de la nation, tandis que Saturne en Bélier impose la loi des chars plutôt que celle de la justice, comme ce fut le cas lors de ses derniers passages dans ce signe : en 1939 lors du déclenchement de la Seconde guerre mondiale, en 1968 lors du Printemps de Prague, en 1998-1999 lors de la guerre au Kosovo. Plus grave encore, ces deux astres entretiennent le pire des rapports (aspect de carré) et se combattent donc en rivalisant de brutalité et de violence.

La présence de Mars sur le dernier degré du Cancer, signe du peuple et de la patrie, illustre bien les thèmes de la « préférence nationale », de la sécurité des citoyens ou de l’indépendance de la France vis-à-vis de l’Union européenne (sextile de Mars à Uranus). Mais en raison du carré de Saturne, il évoque tout autant un climat d’insurrection populaire marqué par la violence et la répression. A dire vrai, en dépit de ses aspects séduisants révélés plus haut, le thème de Marine Le Pen porte en lui le ferment de la guerre intérieure. Hormis des accès de colère révélés ça et là par les caméras, la candidate affiche généralement une grande maîtrise de soi ponctuée de sourires convenus (Ascendant Balance), mais il suffirait que les circonstances soient réunies – l’exercice du pouvoir dans des circonstances de crise grave – pour que la formidable violence de cette configuration éclate au grand jour.

Marine Le Pen, 5 août 1968, 11 h 20, Neuilly-sur-Seine


[1] Challenges, 16 octobre 2016

[2] France Inter, 26 octobre 2016