Actualité d'Uranus


Uranus

L’information instantanée
Un des traits caractéristiques de notre époque est l’instantanéité de l’information : quel que soit le lieu où un événement se produit, tout ou partie du monde s’en trouve aussitôt averti, que ce soit par les médias, le réseau mondial (Internet) ou les outils individuels de communication (téléphone portable et courrier électronique). Le temps n’intervient donc plus dans la transmission des informations, ce qui a pour effet d’en multiplier le nombre tout en les mettant sur le même plan : un fait chasse l’autre dans nos mémoires, empêchant le recul, la hiérarchisation, la réflexion — autant de valeurs de Saturne. Ainsi le temps disparaît-il progressivement au profit de l’espace, comme le montrent les temps de voyage de plus en plus courts rendus possibles par l’avion et le train à grande vitesse. La conséquence en est que le trafic aérien devient de plus en plus dense, parfois jusqu’à saturation, et que le ciel est zébré en permanence par les trajectoires des avions. De même, la ronde des satellites s’intensifie avec pour buts l’exploration de l’espace (sondes) et la quête des origines de l’Univers (Hubble), le renforcement des réseaux de télécommunications, mais aussi l’observation de plus en serrée et précise de ce qui se passe sur la Terre (Google Earth). Notre planète se couvre de réseaux toujours plus nombreux, plus denses, plus complexes, plus étendus, qui, bien qu’invisibles, semblent nous couper de plus en plus du Ciel.
L’informatique
Mais c’est surtout l’informatique qui constitue la transformation la plus radicale de notre mode de vie. Issue de l’électronique et réservée d’abord aux administrations et aux grandes entreprises, elle a pris en une trentaine d’années une place centrale dans notre vie quotidienne professionnelle et privée, au point que son usage nous est devenu indispensable et que le temps paraît lointain où elle n’y était pas encore entrée. L’informatique procède d’un nouveau plan de réalité qui n’est ni matériel, ni abstrait. Appelée virtuelle, cette réalité dépend exclusivement de la source d’énergie symbolisée par Uranus : l’électricité.
L’individualisme
La place prise par la machine, et plus généralement par le progrès technologique, dans notre rapport aux autres et au monde, contribue très certainement au renforcement de la tendance uranienne caractéristique sur le plan humain, à savoir l’individualisme. Doté d’une espérance de vie plus longue, jouissant d’une liberté plus grande, du moins en apparence, sollicité par des possibilités plus étendues, l’individu cherche naturellement à développer ses potentialités et à s’affirmer davantage. Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que cette évolution conduit à un paradoxe : plus l’individu est libre et plus il est séparé des autres, autrement dit plus il est isolé. Mais pour les astrologues le paradoxe n’est qu’apparent : quelle que soit la place prise par Uranus, la nature du Verseau reste consubstantielle de celle de Saturne.
Les réseaux
Une autre réflexion à propos de l’empreinte d’Uranus concerne la notion de « réseau » évoquée plus haut. Celle-ci paraît correspondre à une nouvelle forme de relation entre les individus, aujourd’hui en plein essor : le rapprochement par affinités électives (sites de rencontre) et la constitution de réseaux sociaux (Facebook) autour de thèmes de prédilection. On se choisit non plus en fonction de la proximité géographique ou de la classe sociale, mais de la convergence d’intérêts individuels, du partage d’une passion, d’un idéal ou d’un projet. Issue d’Internet, le « réseau des réseaux », cette tendance donne lieu dans le monde entier à une « communauté de réseaux » qui tend à placer les individus sur un même plan, celui de leurs intérêts partagés. De même au niveau social, la constitution de ce que l’on nomme un « réseau personnel » représente plus que jamais le chemin incontournable qui mène à la réussite. La même tendance se retrouve enfin dans le domaine professionnel : c’est aujourd’hui le travail en équipe, autour d’un projet défini, au sein d’une structure légère et avec le minimum de rapports hiérarchiques, qui semble correspondre à la formule la plus épanouissante et la plus porteuse d’avenir pour les individus.
L’humanitaire
Dans le même esprit, mais sur un autre plan, les actions humanitaires se développent partout dans le monde, du moins là où elles sont autorisées. Regroupées au sein d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) et d’associations de toute taille, elles ont pour mission l’aide au développement et à l’éducation dans les régions défavorisées, l’aide sanitaire et alimentaire, la protection de l’enfance, le respect des droits de l’homme, le secours aux réfugiés et aux minorités menacées, etc. Animées par des valeurs humanistes et altruistes, elles travaillent sans recherche de profit — nombre d’humanitaires sont bénévoles — à la réduction des inégalités et contribuent de ce fait, autant que faire se peut, à mettre l’humanité sur un même plan. Enfin, les principales d’entre elles sont internationales. On retrouve du reste le même mouvement animé des mêmes buts aux échelles nationales et locales avec le développement de la vie associative et des réseaux d’entraide. Cette mouvance globale et l’esprit qui l’anime, même s’il se teinte parfois d’utopie, représente sans doute l’expression la plus avancée et prometteuse des valeurs du Verseau, d’Uranus et de la 11e maison.
Qu’il s’agisse donc de l’accélération du temps, de la place croissante de la machine, de l’occupation de l’espace terrestre et aérien, du renforcement de l’individualisme, de la multiplication des réseaux comme du développement du mouvement humanitaire, on assiste bien à une « uranisation » du monde, autrement dit à une intensification croissante de l’énergie globale dans un espace-temps de plus en plus restreint. Ce constat mène tout naturellement à une interrogation : l’Ere du Verseau aurait-elle déjà commencé ?
Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.