Actualité de Pluton


Pluton

Malgré la déchéance de Pluton du rang des planètes décidée en 2006 par une majorité d’astronomes réunie en congrès, celui-ci ne semble pas en être affecté le moins du monde, du moins pour les astrologues. Bien au contraire, sa marque est clairement perceptible dans l’évolution de la société contemporaine, mais sous des formes suffisamment différentes pour que le regard profane ne puisse y voir un lien. C’est du reste en cela que le regard astrologique permet de le reconnaître.

Les origines de la crise

La crise économique qui s’est déclarée en septembre 2008 lors de la première opposition Saturne-Uranus a pour origine une crise purement financière, sans lien avec l’économie réelle. Comme on le sait, des produits financiers « à risque », c’est-à-dire fondés sur des crédits douteux, ont été introduits sur le marché boursier à seule fin de faire exploser le bénéfice des banques et des établissements financiers. Bien évidemment, quand le remboursement de ces crédits a commencé à faire défaut, c’est le système financier tout entier qui s’est trouvé ébranlé car ces produits « sales », c’est-à-dire corrompus, étaient inextricablement mêlés aux autres.

La crise financière

De là a éclaté la crise économique dont on disait il y a encore un an qu’elle était la plus grave de tous les temps. Elle a en fait pour véritable origine le détournement du rôle des banques : au lieu de financer l’économie, celles-ci se sont orientées vers la recherche exclusive du profit maximal en un temps minimal, ce que l’on désigne pudiquement par « capitalisme financier ». Encouragé par la politique néo-libérale de la précédente administration américaine, ce détournement correspond à la fascination exercée par l’argent issu de la spéculation, en lieu et place de celui généré par le travail. S’agissant de l’argent symbolisé par le Scorpion et non par le Taureau, il se trouve de ce fait sous l’influence de Pluton (plutos signifie riche en grec ancien) et exerce sur ses détenteurs un pouvoir proportionnel à sa quantité.

Le pouvoir de l’argent

Ce phénomène d’enrichissement à grande échelle concerne tous les pays, riches et pauvres, et le nombre de milliardaires en dollars a fait un bond au cours des dix dernières années. Désormais, c’est la loi exclusive du profit qui s’exerce au sein des grandes entreprises, et non plus le développement de l’activité réelle et encore moins l’épanouissement des salariés. Pour preuve, les rachats permanents d’entreprises par leurs concurrentes en vue de la formation de vastes holdings, avec leur cortège de licenciements. Les richesses se trouvent ainsi concentrées aux mains d’une infime catégorie de personnes dans le monde, que l’on pourrait désigner par « oligarchie ploutocratique ». Et à cette accumulation de richesses « légales » il faut ajouter celles illégales générées par les mafias qui fleurissent un peu partout. Leur développement, notamment en Russie ou en Chine, est à la base d’une véritable économie parallèle fortement teintée des couleurs de Pluton puisque basée sur la drogue, la prostitution, le racket ou le trafic d’armes. On notera à ce propos qu’en Afghanistan l’argent tiré de la récolte du pavot est utilisé pour armer les groupes talibans et d’autres mouvements islamistes radicaux.

Le terrorisme

A l’évidence, ces derniers représentent aussi une expression contemporaine de Pluton : leur fanatisme aveugle, leur détermination sans faille, leur mode d’action marqué par le secret et l’autodestruction (les bombes humaines), leur caractère implacable, extraordinairement violent et sans considération pour l’humain, de même que la haine qu’ils professent pour ce qui ne leur est pas semblable et particulièrement pour l’Occident, tout cela ne laisse guère de doute quant à leur signature symbolique. Cependant, à bien y réfléchir, qu’il s’agisse du terrorisme islamique ou des dérives actuelles du capitalisme financier, il s’agit de deux branches, certes diamétralement opposées, des mêmes forces souterraines à l’œuvre.

L’islam

Si le christianisme relève de la symbolique des Poissons, la Tradition rapporte que l’islam procède de celui du Scorpion. Or, la présence de plus en nombreuse de la communauté musulmane en Europe occidentale, particulièrement en France et en Allemagne, suscite des inquiétudes au sein d’une partie de la population. Celles-ci sont entretenues par les différences de culture, les usages religieux, parfois par les difficultés ou les refus d’intégration et les revendications d’identité. Elles sont alimentées en outre par ce que rapportent les médias des activités des groupes terroristes islamistes (Al Qaida), mais aussi des innombrables conflits mettant aux prises les communautés musulmanes entre elles (chiites et sunnites), les communautés musulmanes et d’autres communautés (Inde, Liban, Asie du Sud-est), ainsi que des conflits ou des menaces de conflit impliquant des pays islamiques (Iran, Pakistan, Afghanistan, etc.), sans oublier le conflit israélo-palestinien. De ces peurs plus ou moins irrationnelles — ou plus ou moins justifiées, selon le point de vue duquel on se place — mais entretenues depuis longtemps, naît le sentiment d’une menace latente, du moins dans certaines régions et certains milieux. Or ce ressenti fait appel aux instincts les plus profondément enfouis qui ne se réveillent qu’en cas de danger réel ou supposé : l’instinct de défense et de survie dont on sait qu’il est symbolisé par le Scorpion.

L’extrême droite

De toute évidence, c’est ce qui explique en grande partie la montée lente mais apparemment inexorable de l’extrême droite en Europe. Celle-ci gagne du terrain non seulement dans les régions sensibles, mais encore dans des pays non spécialement concernés par l’immigration tels les Pays-bas, la Belgique ou les pays d’Europe orientale. Comme l’Histoire le montre, ces mouvements extrémistes participent bien évidemment aussi de la dynamique plutonienne, avec son cortège d’outrance, de violence, de manipulation et de haine. La démocratie est symbolisée par le signe du Cancer et par sa maîtresse, la Lune, symbole de l’inconscient collectif. Or, analogiquement à la chute de la Lune dans le Scorpion, l’inconscient collectif s’obscurcit quand il est durablement soumis à la peur et cède pour un temps sa place aux instincts chargés d’assurer la survie de la collectivité. C’est alors que la violence se déchaîne et que s’ensuivent les pires atrocités, comme c’est le cas dans la guerre civile.

La tentation sécuritaire

Certes, nous n’en sommes pas là et souhaitons de ne jamais y parvenir. Toutefois l’on constate ça et là de la part des politiques une tendance sécuritaire, un renforcement des contrôles, un durcissement des règles que l’on pourrait assimiler à la volonté d’élever le rempart de la Loi (Saturne) contre les forces pulsionnelles (Pluton). Au vu des moyens technologiques qui existent actuellement et qui sont susceptibles d’être orientés dans un but sécuritaire, il suffirait d’une situation exceptionnelle pour que la liberté individuelle ne soit plus qu’un souvenir. Tout ceci s’inscrivant, faut-il le rappeler, dans un contexte où Saturne est arrivé au carré de Pluton.

La manipulation des noyaux

On l’a vu pour l’argent, Pluton exerce son pouvoir sur ceux que le pouvoir fascine — l’anneau de pouvoir de la mythologie germanique, revisité par J.R. Tolkien dans Le Seigneur des anneaux. Après avoir trouvé la source d’énergie infinie dans le noyau des atomes, l’Homme va désormais chercher la source de vie dans le noyau des cellules avec les manipulations génétiques. Avant même qu’ils aient fait la preuve de leur innocuité pour l’homme, les OGM sont en passe d’être massivement introduits dans la nourriture humaine, après l’avoir été dans celle destinée aux animaux. Les variétés de bétail sont obtenues non plus par croisements, mais par manipulations génétiques en laboratoire. Le « génie génétique » promet pour demain l’éradication des maladies, le remplacement des organes défaillants, un allongement substantiel de l’espérance de vie… et pour bientôt la vie éternelle.

Pouvoir et fascination

Pluton a laissé l’Homme s’emparer du noyau dont il avait la garde, or c’est dans le noyau que réside la clé de la vie et de la toute-puissance. Mais si aujourd’hui les forces contenues dans le noyau lui appartiennent, l’Homme ne semble pas conscient de la fascination que ces forces exercent sur lui. Par ailleurs, on dirait même que les décideurs usent à leur tour de ce pouvoir de fascination et n’hésitent plus à en multiplier les sources afin de satisfaire aux instincts d’une bonne partie de la population, probablement afin de mieux la contrôler : pornographie, violence et jeux d’argent sont aujourd’hui aisément accessibles via la télévision et Internet.

L’épuisement des ressources énergétiques

Des richesses souterraines détenues par Pluton depuis la formation de la Terre, il ne reste qu’une partie, moins de la moitié en ce qui concerne le pétrole et à peine plus en ce qui concerne le gaz, les principales sources d’énergie avec le nucléaire. Quelques décennies auront donc suffi à extraire les ressources du monde souterrain, mais qu’adviendra-t-il lorsque, dans une trentaine d’années, celles-ci seront en voie d’épuisement ? A moins que les énergies alternatives ne se développent considérablement et ne parviennent à prendre le relais, il existe un risque majeur pour que survienne une lutte sans merci entre les principaux pays industriels pour l’utilisation des ressources restantes. La Chine, pays le plus peuplé de la planète et aujourd’hui deuxième puissance industrielle au monde, ne peut en effet se permettre une récession sans provoquer de graves désordres intérieurs et mettre en péril son régime. C’est du reste ce qu’a clairement démontré l’échec de la Conférence de Copenhague en 2010.

La destruction de l’environnement

Venons-en enfin aux deux points les plus saillants et probablement les plus caractéristiques de la marque de Pluton sur notre époque. Le premier concerne la dégradation accélérée et probablement irréversible de notre environnement, conséquence directe de l’industrialisation à outrance et de l’augmentation exponentielle de la population mondiale, laquelle a doublé en moins d’un demi-siècle. Pluton a donc déjà largement commencé son œuvre de corruption en submergeant progressivement la Terre des déchets produits par les hommes et en faisant disparaître un nombre croissant d’espèces végétales et animales. Il apparaît donc ici en tant que « justicier immanent », qui manifeste ses effets en tant que conséquences souvent imprévisibles mais toujours irrémédiables des actes accomplis.

La prolifération nucléaire

Le second point n’est pas moins inquiétant et nous ramène à la découverte majeure de l’époque de la découverte de Pluton : l’énergie atomique. Depuis la fin de la Guerre froide et de « l’équilibre de la terreur », de nouveaux pays se sont dotés de l’arme nucléaire ou sont sur le point de le faire : l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, l’Iran. La prolifération nucléaire représente de fait le plus grand des dangers car elle rend caduc le consensus auquel étaient parvenues les grandes puissances. Depuis le passage de Pluton dans son domicile du Scorpion, le contrôle de l’arme atomique par ces mêmes grandes puissances devient de plus en plus problématique et la doctrine de la dissuasion ne s’applique plus de la même façon. Parmi les pays en cause, le régime pakistanais est affaibli par la corruption de son administration et entretient des rapports ambigus avec les extrémistes talibans, la Corée du Nord est sous le joug d’une dictature totalitaire et l’Iran sous celui d’un gouvernement religieux intégriste. Cette situation montre qu’il est vain de croire que les pouvoirs de Pluton peuvent rester indéfiniment sous contrôle. Et s’ils le sont un temps, c’est que ce temps est mis à profit pour créer dans l’invisible les conditions qui leur permettront d’échapper à leurs illusoires détenteurs.

La déstructuration de la société

La disparité exponentielle de l’échelle des revenus, la défiance grandissante envers les gouvernants, le démantèlement progressif des services publics, les menaces sourdes liées au communautarisme et à la peur de l’étranger, et plus généralement l’absence de visibilité concernant l’avenir, notamment pour les jeunes générations, tous ces facteurs correspondent au travail de sape, caractéristique de l’énergie plutonienne, qui affecte en profondeur les fondements sur lesquels reposent nos sociétés, distillant insidieusement incertitude et perte des repères. Même si ce phénomène est en œuvre depuis quelques temps déjà, l’entrée de Pluton en Capricorne en 2008 ne fait que le rendre plus manifeste et en accélérer le cours.

Conclusion

Ce survol de tendances que je considère comme propres à notre époque n’est en rien exhaustif, pas plus qu’il ne prétend amener d’informations nouvelles ; sans doute reflète-t-il également ma propre subjectivité. Son but est d’inviter à une réflexion basée sur les symboles que nous offre notre science et nulle autre. Par ailleurs, il est évident que les effets des trans-saturniennes sont étroitement intriqués et donnent lieu à des phénomènes complexes, tel par exemple l’ultralibéralisme économique (Uranus) conduisant au capitalisme financier (Pluton), la liberté liée à l’usage des véhicules individuels (Uranus) associée à l’impact des rejets sur l’effet de serre (Neptune), ou encore les marées noires impliquant à la fois le pétrole (Pluton) et l’océan (Neptune).

Il semble que s’opère un double mouvement : un mouvement ascendant inspiré par Uranus, par lequel l’homme conquiert la liberté, l’espace, l’universalité et frôle sa propre transcendance, et un mouvement descendant inspiré par Pluton, par lequel il conquiert la toute-puissance sur le monde ainsi que, potentiellement, les clés de sa propre transformation. Ces deux mouvements sont évidemment liés puisqu’Uranus est exalté en Scorpion : le dépassement de la condition humaine semble devoir passer par la chute dans le monde d’en bas, celui régi par Pluton.

Dans l’article suivant, L’avenir du monde dans les 10 ans, nous traiterons à nouveau des planètes trans-saturniennes, cette fois dans une perspective dynamique en les replaçant dans le cours de leurs cycles respectifs, ce qui nous amènera à proposer un schéma prévisionnel pour les années à venir et à formuler quelques hypothèses.

Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

Suite dans L’Avenir du monde dans les 10 ans.

 

Actualité de Neptune


Neptune

L’influence de Neptune

Si l’on considère la disparition des régimes communistes il y a une vingtaine d’années et le triomphe du libéralisme (de nature uranienne) qui s’en est suivi, ou encore le déclin de l’Eglise avec le schisme croissant entre doctrine catholique et réalité contemporaine, la crise des vocations ou les scandales qui la secouent, il semble à première vue que l’influence de Neptune soit en déclin au profit des deux autres trans-saturniennes. Cependant, on peut relever trois points essentiels dont on sait qu’ils correspondent aux enjeux majeurs des prochaines décennies et qui sont étroitement liés à la dialectique neptunienne.

Les migrations

Le premier point concerne la paupérisation croissante d’une partie du monde, en particulier dans les pays du sud, au profit des pays riches perçus par de nombreuses populations comme un refuge salutaire. Ainsi se forment des flux migratoires de plus en plus importants, motivés par l’absence de perspectives économiques et sociales et, de plus en plus souvent, par la transformation des conditions de vie dues au changement climatique. A l’instar de ce qui se produisit à l’époque de la découverte de Neptune au début de l’ère industrielle, mais cette fois sur le plan mondial, c’est bien souvent la misère, le chômage et l’exclusion qui attendent les nouveaux arrivants quand ils parviennent à s’établir dans un pays riche.

Le pillage des océans

Le second point évoque le monde de Neptune à proprement parler avec la raréfaction et à vrai dire la disparition programmée des poissons des océans en raison des ravages provoqués par la pêche industrielle que les pays avancés ne parviennent pas à réguler. On a peine à imaginer le monde vidé de ses premiers occupants, mais peut-être est-ce ainsi que doit s’achever l’ère des Poissons… Dans le même ordre d’idée se pose le problème de la raréfaction de l’eau douce, l’autre domaine réservé de Neptune. On sait maintenant que les causes en sont multiples, entre autres la contamination des terres agricoles par les nitrates et les pesticides, les modifications du climat et l’augmentation exponentielle de la population. Comment vivre sans eau, puisque l’eau est indispensable à la vie ?

Le changement climatique

Le troisième point est lié au précédent : le changement climatique lui-même, qui ne cesse de s’accentuer et de devenir nettement perceptible d’un bout à l’autre de la planète. Il ne se passe plus de saison où l’on n’annonce un record de température, conséquence directe du réchauffement climatique, lui-même lié au dégagement massif de gaz carbonique dans l’atmosphère. A l’origine du phénomène, l’agriculture intensive, l’industrialisation massive, la multiplication des véhicules à moteur, en un mot les fruits de la croissance non maîtrisée. On assiste ainsi à la mise en place rapide d’un processus apparemment difficilement réversible, au point que l’augmentation de la température globale est aujourd’hui considérée comme acquise. Dès lors, les catastrophes liées au déséquilibre climatique se succèdent anormalement : canicules, sécheresses et incendies, de même que tempêtes, cyclones, inondations, glissements de terrain dus aux pluies diluviennes, aux crues des fleuves et à la fonte des glaciers, sans parler du recul des banquises qui entraîne la montée des océans. Certes ces phénomènes ne sont pas tous nouveaux, mais ce sont leur fréquence de plus en rapprochée et leur intensité croissante qui sont inédites. Contrairement aux propos irresponsables des négationnistes, ils sont bien la conséquence de l’activité humaine et non des cycles naturels, comme on a voulu un temps le faire accroire. La course à la croissance semble donc avoir réveillé Neptune et celui-ci vient rappeler que, conformément à la dialectique des Poissons, il régit les événements sur lesquels l’homme n’a pas de prise.

Du reste, il semble que les pouvoirs politiques ne soient pas encore prêts à prendre les décisions qui s’imposent et leur impéritie ne fait que rendre plus certaines encore les conséquences du changement climatique, comme l’a montré la Conférence de Copenhague qui s’est tenue du 7 au 19 décembre 2009. Le thème dressé pour l’ouverture de la Conférence est éloquent : la conjonction de Neptune à Jupiter, maître de l’Ascendant Sagittaire, pouvait laisser présager une volonté d’apporter des solutions, mais c’était sans compter la présence de Pluton en Capricorne intercepté en 1ère maison, maître du MC, conjoint à Mercure (les négociations) et surtout au carré de son maître, Saturne. De cette configuration on peut déduire la conclusion suivante : les intérêts économiques et politiques à court terme des grandes puissances ne doivent pas être compromis.

Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

Suite dans Actualité de Pluton.

Actualité d'Uranus


Uranus

L’information instantanée
Un des traits caractéristiques de notre époque est l’instantanéité de l’information : quel que soit le lieu où un événement se produit, tout ou partie du monde s’en trouve aussitôt averti, que ce soit par les médias, le réseau mondial (Internet) ou les outils individuels de communication (téléphone portable et courrier électronique). Le temps n’intervient donc plus dans la transmission des informations, ce qui a pour effet d’en multiplier le nombre tout en les mettant sur le même plan : un fait chasse l’autre dans nos mémoires, empêchant le recul, la hiérarchisation, la réflexion — autant de valeurs de Saturne. Ainsi le temps disparaît-il progressivement au profit de l’espace, comme le montrent les temps de voyage de plus en plus courts rendus possibles par l’avion et le train à grande vitesse. La conséquence en est que le trafic aérien devient de plus en plus dense, parfois jusqu’à saturation, et que le ciel est zébré en permanence par les trajectoires des avions. De même, la ronde des satellites s’intensifie avec pour buts l’exploration de l’espace (sondes) et la quête des origines de l’Univers (Hubble), le renforcement des réseaux de télécommunications, mais aussi l’observation de plus en serrée et précise de ce qui se passe sur la Terre (Google Earth). Notre planète se couvre de réseaux toujours plus nombreux, plus denses, plus complexes, plus étendus, qui, bien qu’invisibles, semblent nous couper de plus en plus du Ciel.
L’informatique
Mais c’est surtout l’informatique qui constitue la transformation la plus radicale de notre mode de vie. Issue de l’électronique et réservée d’abord aux administrations et aux grandes entreprises, elle a pris en une trentaine d’années une place centrale dans notre vie quotidienne professionnelle et privée, au point que son usage nous est devenu indispensable et que le temps paraît lointain où elle n’y était pas encore entrée. L’informatique procède d’un nouveau plan de réalité qui n’est ni matériel, ni abstrait. Appelée virtuelle, cette réalité dépend exclusivement de la source d’énergie symbolisée par Uranus : l’électricité.
L’individualisme
La place prise par la machine, et plus généralement par le progrès technologique, dans notre rapport aux autres et au monde, contribue très certainement au renforcement de la tendance uranienne caractéristique sur le plan humain, à savoir l’individualisme. Doté d’une espérance de vie plus longue, jouissant d’une liberté plus grande, du moins en apparence, sollicité par des possibilités plus étendues, l’individu cherche naturellement à développer ses potentialités et à s’affirmer davantage. Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que cette évolution conduit à un paradoxe : plus l’individu est libre et plus il est séparé des autres, autrement dit plus il est isolé. Mais pour les astrologues le paradoxe n’est qu’apparent : quelle que soit la place prise par Uranus, la nature du Verseau reste consubstantielle de celle de Saturne.
Les réseaux
Une autre réflexion à propos de l’empreinte d’Uranus concerne la notion de « réseau » évoquée plus haut. Celle-ci paraît correspondre à une nouvelle forme de relation entre les individus, aujourd’hui en plein essor : le rapprochement par affinités électives (sites de rencontre) et la constitution de réseaux sociaux (Facebook) autour de thèmes de prédilection. On se choisit non plus en fonction de la proximité géographique ou de la classe sociale, mais de la convergence d’intérêts individuels, du partage d’une passion, d’un idéal ou d’un projet. Issue d’Internet, le « réseau des réseaux », cette tendance donne lieu dans le monde entier à une « communauté de réseaux » qui tend à placer les individus sur un même plan, celui de leurs intérêts partagés. De même au niveau social, la constitution de ce que l’on nomme un « réseau personnel » représente plus que jamais le chemin incontournable qui mène à la réussite. La même tendance se retrouve enfin dans le domaine professionnel : c’est aujourd’hui le travail en équipe, autour d’un projet défini, au sein d’une structure légère et avec le minimum de rapports hiérarchiques, qui semble correspondre à la formule la plus épanouissante et la plus porteuse d’avenir pour les individus.
L’humanitaire
Dans le même esprit, mais sur un autre plan, les actions humanitaires se développent partout dans le monde, du moins là où elles sont autorisées. Regroupées au sein d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) et d’associations de toute taille, elles ont pour mission l’aide au développement et à l’éducation dans les régions défavorisées, l’aide sanitaire et alimentaire, la protection de l’enfance, le respect des droits de l’homme, le secours aux réfugiés et aux minorités menacées, etc. Animées par des valeurs humanistes et altruistes, elles travaillent sans recherche de profit — nombre d’humanitaires sont bénévoles — à la réduction des inégalités et contribuent de ce fait, autant que faire se peut, à mettre l’humanité sur un même plan. Enfin, les principales d’entre elles sont internationales. On retrouve du reste le même mouvement animé des mêmes buts aux échelles nationales et locales avec le développement de la vie associative et des réseaux d’entraide. Cette mouvance globale et l’esprit qui l’anime, même s’il se teinte parfois d’utopie, représente sans doute l’expression la plus avancée et prometteuse des valeurs du Verseau, d’Uranus et de la 11e maison.
Qu’il s’agisse donc de l’accélération du temps, de la place croissante de la machine, de l’occupation de l’espace terrestre et aérien, du renforcement de l’individualisme, de la multiplication des réseaux comme du développement du mouvement humanitaire, on assiste bien à une « uranisation » du monde, autrement dit à une intensification croissante de l’énergie globale dans un espace-temps de plus en plus restreint. Ce constat mène tout naturellement à une interrogation : l’Ere du Verseau aurait-elle déjà commencé ?
Publié dans « L’Astrologue » n° 171, octobre 2010.

L'affaire DSK et les astres (suite)


En conclusion de l’article consacré à l’affaire DSK et publié le 5 juin dernier, j’écrivais qu’un événement inattendu en faveur de l’ancien directeur du FMI se produirait probablement lors du passage de Jupiter sur le Soleil de son thème natal. Je précisais qu’il serait dû à un changement dans le témoignage de la plaignante.

Le passage de Jupiter sur le Soleil natal s’est effectué le 1er juillet dernier, soit le jour même où DSK a été libéré, ou plus exactement remis en « liberté sur parole ». Une preuve de ce que la prévision astrologique peut se révéler non seulement exacte, mais aussi très précise dans le temps !

29 octobre 2011

Je ne résiste pas à citer cet extrait du journal « Le Monde » daté d’aujourd’hui, qui confirme de façon particulièrement lumineuse mon analyse de juin dernier :

« Après l’épisode du Sofitel, ils osaient encore, comme M. Cambadélis, le couple « libre, soixante-huitard ». Signe des temps, ils acceptent de parler de « libertinage ». Ainsi ce poids lourd de la strauss-kahnie, toujours à la recherche d’explications : « Il y avait chez Dominique une lutte à mort entre la contrainte d’une candidature qui s’imposait à lui, et la pulsion, celle de son mode de vie soit disant libertin. Plus nous avons exercé de contraintes, plus il était obligé d’organiser ses pulsions ailleurs que dans notre espace. Il s’est donc mis avec des gens que nous ne connaissions pas. Tout cela a fini par occasionner une névrose et un personnage clivé. A un moment donné, le disque dur a fondu. » Et ce proche conseiller, qui a perdu un mentor et un ami : « Il y avait deux Dominique, et nous ne l’avons pas vu. »

Temps nouveaux, planètes nouvelles


Les historiens s’accordent pour nommer « période contemporaine » celle qui s’étend de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. L’astrologie confirme cette division de l’Histoire puisque les planètes situées au-delà de Saturne ont été découvertes dans l’intervalle : Uranus en 1781, Neptune en 1846 et Pluton en 1930. A l’entrée sur la scène cosmologique de chacune des trois planètes correspond le déclenchement d’une révolution dont les conséquences ont eu, à plus ou moins longue échéance, un retentissement mondial : pour Uranus, l’indépendance des Etats-Unis et la Révolution française ; pour Neptune, la naissance du communisme et la Révolution romantique ; pour Pluton, la Révolution national-socialiste et la Seconde guerre mondiale. Cependant, pour les astrologues, les découvertes des planètes trans-saturniennes ne correspondent pas seulement à des événements, mais aussi à des transformations profondes de la société liées au progrès technique, économique et social.

Ainsi, à la découverte d’Uranus correspondent nombre de faits remarquables relevant rigoureusement du symbolisme du signe régi par cette planète. Citons, parmi tant d’autres, la Déclaration des droits de l’homme, qui affirme le principe d’égalité entre tous les citoyens et rejoint la notion d’ordre horizontal propre au Verseau, par opposition à l’ordre vertical signifié par le Capricorne ; la devise républicaine, dont chacun des trois termes constitue un mot clé de la dialectique uranienne ; sur le plan scientifique, la première ascension en ballon : pour la première fois l’homme s’élève dans le ciel, le monde d’Uranus, en s’affranchissant de la pesanteur propre à Saturne. Dès lors se dessineront les grands traits qui caractérisent l’époque contemporaine : accélération progressive du temps et suprématie de l’humain — le Verseau est le signe de l’Homme — aux dépens du divin, qui relève du Lion, avec pour corollaire l’émergence de l’individualisme et l’affirmation du libre arbitre.

Avec la découverte de Neptune apparaît un faisceau de tendances très différentes et à certains égards opposées. L’astrologie attribue naturellement à la planète la maîtrise des Poissons, signe opposé à la Vierge, et l’on assiste dès lors à la disparition progressive des limites. Limites géographiques avec l’exploration des océans lointains (Pacifique, Indien) et de l’intérieur des continents (Afrique, Amérique du Sud, Australie, Sibérie), qui donneront lieu à la conquête d’empires coloniaux. Conformément à la dialectique neptunienne, l’immensité de ces empires est à rapprocher de leur caractère éphémère, puisqu’en moins d’un siècle ces territoires, dans leur grande majorité, ont acquis leur indépendance. Effacement des limites psychiques aussi avec l’usage des narcotiques pour soulager la douleur (première anesthésie générale en 1847), comme pour favoriser l’inspiration (le haschich cher à Baudelaire et à Théophile Gauthier) ou l’évasion (l’opium). Effacement des limites religieuses enfin, avec le triomphe du christianisme sur la majeure partie du monde, et spirituelles, avec la vague de mysticisme qui caractérisa la seconde moitié du XIXe siècle : ferveur mariale (dialectique Vierge/Poissons), apparitions, miracles, spiritisme.

L’exploitation de l’énergie de la vapeur (Neptune symbolise les vapeurs, les brouillards, ce qui recouvre d’un voile la réalité) contribua au rapide développement de l’industrie, avec pour conséquence l’exode massif des paysans vers les villes et les conditions misérables dans lesquelles vécut la nouvelle classe sociale qui en résulta, le prolétariat. Rien d’étonnant donc à ce qu’une nouvelle doctrine philosophique et politique voie le jour au cours de cette période, le communisme, dont on sait aujourd’hui à quel point elle relève d’une vaste illusion.

Quant à Pluton, la plus petite, la plus lointaine et la plus mystérieuse des planètes — la seule à ne pas avoir encore été photographiée par une sonde spatiale —, elle est certainement celle dont les manifestations sont les plus profondes, les plus insidieuses et de fait les plus agissantes. Elle symbolise le processus de transformation, à savoir la corruption d’une forme existante en vue de sa désintégration, suivie de l’émergence d’une forme nouvelle. Pour ce faire, il induit des tendances extrêmes dans une situation donnée, favorisant ainsi un processus de renversement irréversible qui donnera lieu à la destruction d’un état et à l’avènement du chaos ; c’est de ce chaos qu’émergera par la suite une réalité entièrement différente. A l’évidence maître du Scorpion, Pluton agit de façon masquée, invisible, imperceptible, et lorsqu’apparaissent enfin ses effets, il est souvent trop tard pour en détourner ou même freiner le cours.

Dieu du monde souterrain, Pluton régit les richesses enfouies sous la surface de la terre, en particulier le gaz et surtout le pétrole, et c’est à l’époque de sa découverte que s’en est intensifiée l’exploitation. Il est le détenteur de l’énergie la plus puissante sous la forme la plus réduite, celle contenue dans le noyau de l’atome. Or, c’est en 1938 que fut réalisée la première fission artificielle de l’uranium, faisant par là même entrer l’humanité dans l’âge nucléaire.

Le 24 octobre 1929, le fameux « Jeudi noir », survenait à New York un krach boursier sans précédent, premier acte d’une crise économique qui allait ruiner des millions de gens et en mettre davantage encore au chômage. Ce jour-là, à 9 h 30, heure de l’ouverture de la bourse de Wall Street, le Soleil venait d’entrer en Scorpion tandis que la Lune était à la conjonction de Pluton en Cancer dans la 8e maison.

Dès lors apparaissaient au grand jour et dans le monde entier les forces des ténèbres sous forme de dictatures totalitaires, particulièrement en Europe et en Russie, mais également en Extrême-Orient et en Amérique du Sud. La plus exemplaire fut, comme on le sait, celle qui advint en Allemagne. Il n’aura fallu que trois ans pour que ce pays, rendu exsangue par le Traité de Versailles et dévasté par la crise économique, se dote d’un régime de type nouveau, s’appuyant autant sur la terreur que sur une idéologie implacable et criminelle. Cependant, pour ceux qui surent les voir à temps, nombre de signes ne laissaient guère planer de doute sur les intentions de ses dirigeants, à commencer par le drapeau, dont les couleurs sont celles du Scorpion, l’uniforme noir des SS arborant une tête de mort ou le discours de haine raciste et antisémite. Le 30 janvier 1933, soit 40 jours avant que le carré entre Uranus et Pluton ne devienne exact, Hitler devenait chancelier du Reich.

Sur le plan collectif, c’est au mélange de fascination et de peur que l’on reconnaît la marque de Pluton, de même qu’à sa capacité à endormir les craintes lorsque celles-ci s’éveillent. Six ans après la prise du pouvoir par les nazis commençait la Seconde guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de tous les temps, avec pour corollaire la Shoah et l’utilisation de l’arme atomique.

Afin de mieux comprendre les enjeux de la période actuelle,  nous allons étudier dans les trois articles qui suivent les aspects contemporains des trois planètes trans-saturniennes dont nous avons rappelé le sens en fonction de leur époque de découverte. En effet, leurs influences n’ont cessé de croître et de se mêler de plus en plus étroitement à notre quotidien, au point que les valeurs du monde ancien semblent s’éloigner de plus en plus vite. A cela on reconnaît la marque d’Uranus, dont le dessein est de promouvoir un monde nouveau affranchi des lois de Saturne, en particulier celles du temps et de la verticalité.

Voir Actualité d’Uranus, Actualité de Neptune, Actualité de Pluton.